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Rickey Medlocke

Blackfoot the reboot

D 27 août 2016     H 11:20     A Judge Fredd    


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Rickey Medlocke a toujours été un sacré bonhomme, chanteur/guitariste de Blackfoot, batteur puis guitariste au sein de Lynyrd Skynyrd, il a aussi tâté de la comédie dans des séries US. On pensait qu’il ne pourrait plus nous surprendre ? La sortie de Southern Native nouvel opus du groupe nous prouve le contraire.

Super Blackfoot revient ! Oui mais c’est pas les anciens. On s’en doutait un peu ; mais y a Medlocke quand même… non ? Non, enfin euh… si mais… pas pareil on va dire… Il est présent tout en n’étant pas dans le lineup mais un peu quand même, essayons d’y voir un peu plus clair avec le maestro himself.

Comme beaucoup de fans de Blackfoot j’avoue être un peu désorienté, pouvez-vous nous expliquer les tenants et aboutissants de ce nouveau Blackfoot ?
Bien sûr ! D’abord il faut rappeler que Greg et Charlie (Greg T Walker et Charlie Hargrett, le bassiste et l’autre guitariste du groupe) ont tourné sous le nom de Blackfoot pendant sept ans. Nous avions un accord et ils n’ont pas souhaité le renouveler, donc le nom m’est revenu. J’étais prêt à laisser ce nom dormir le temps qu’il faudrait, même pourquoi pas indéfiniment, parce que de toute façon il n’était pas question de reformer le groupe sans Jackson (Jackson Spires le batteur originel du groupe, décédé en 2005).
C’est alors qu’on nous a proposé, à mon manager et moi-même, de relancer Blackfoot avec un nouveau lineup et de nouveaux morceaux. Je dois dire que je n’étais pas très chaud au début et on a demandé un temps de réflexion. J’ai fini par accepter à condition d’être aux manettes, que ce soit pour l’écriture des titres, l’enregistrement, le mixage, la production etc. Le projet étant de conserver, de porter, l’héritage et le nom avec classe.

C’est quand même une démarche assez inhabituelle non ?

Ha ha ! Mais j’ai toujours été un type assez inhabituel de toute façon. Mon grand-père Shorty, m’a toujours répété, que ce soit à l’époque de Blackfoot ou avant, avec Ronnie, Gary et Allen de Lynyrd Skynyrd : « Les gars, ne faites jamais ce que les autres attendent que vous fassiez. Faites toujours quelque chose de différent, c’est comme ça que l’on reste vivant et qu’on avance. » C’est ce que je continue de faire ici.

Donc quel a été votre rôle exact sur ce projet ?
J’ai produit, enregistré et mixé l’album. J’ai joué quelques parties de slide et quelques solos dessus, et enregistré quelques chœurs aussi. Je suis l’auteur d’une demi-douzaine de titres. Southern Native, la chanson, et deux ou trois autres titres, je les ai écrits il y a environ 20 ans. Je les ai fait écouter au groupe, ils les ont mis à leur sauce et on est parti de là. C’était la condition, que je sois à la barre du navire.

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Ok mais un des éléments immédiatement reconnaissables, une des trademarks de Blackfoot c’était votre voix, et là… quand on n’est pas au courant de tout ce que vous venez d’expliquer et qu’on met le CD, ça fait bizarre…
Tu as raison, ma voix était un élément important de la signature sonore de Blackfoot, mais c’était il y a presque 40 ans. Comme je te l’ai dit, j’étais à la barre et j’ai dirigé l’enregistrement des voix de Tim (Tim Rossi guitariste et chanteur du nouveau Blackfoot). En tant que producteur tu dois permettre aux gars de s’exprimer pleinement tout en gardant le contrôle. J’ai choisi Tim parce qu’il a une voix jeune et fraîche, je veux dire pas une de ces voix chargées par des années de gigs en ballroom.
Donc voilà le deal ces gars vont passer le flambeau à une nouvelle génération et ils pourront le faire pendant encore dix, vingt ans ou plus. Tu sais moi, à un moment je vais disparaître et ce Blackfoot sera toujours là. C’est un mélange entre la vieille école, la tradition et la jeune garde, la modernité. Et tout ça donne un « badass heavy blues rock record » !

Justement, Southern Native, le disque, sonne très raw, notamment au niveau de la batterie, rien ne semble surproduit, c’est un choix ou une adaptation à des moyens modestes ?
Un choix bien sûr ! Nous avons enregistré dans le studio de mon manager, on avait tout ce qu’il fallait. Mais je voulais qu’on entende une vraie batterie, pas des sons triggés. J’ai mis le groupe dans une pièce et toute la rythmique a été enregistrée live, batterie, basse et les deux guitares. Ensuite, on a enregistré les voix et les overdubs, solos etc. Mais j’ai eu une approche très organique. Je n’avais pas envie de surproduire j’avais envie que ça sonne vrai, naturel et brut, c’est ça le rock. A trop vouloir lisser et tout nettoyer, on perd la substance.

Ca vous a pris combien de temps ?
Ca s’est étalé sur une période de deux ans. On a fonctionné par blocs de deux ou trois chansons. On faisait les mises à plat et, au fur et à mesure, on gardait ou on éliminait. Et finalement, fin 2015, on avait ce qu’il fallait. Je me suis donc attaqué au mixage début 2016, et on a fait beaucoup d’écoutes, sur un paquet de moniteurs différents pour fine tuner l’histoire et s’assurer que ce que vous alliez entendre était fidèle à ce qu’on avait enregistré. Ensuite, on a envoyé ça à Adam Ayan pour le mastering dans le Connecticut et il a vraiment fait un superbe travail.

Et maintenant, allez-vous faire des apparitions sur scène avec le nouveau Blackfoot ou vont-ils vivre leur vie tout seuls ?
J’ai déjà participé à trois de leurs shows en novembre de l’année dernière : ils commençaient par 45 mn voire une petite heure seuls, jouant des classiques du rock plus deux ou trois titres de l’album à venir, puis je les rejoignais pour une autre heure durant laquelle on puisait dans le répertoire Blackfoot, et c’était complètement badass ! On va en refaire d’autres cette année. D’ailleurs je tiens à ce qu’ils aillent jouer en Europe et je peux déjà te dire que je viendrai avec eux.

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Le groupe est présenté comme la nouvelle génération qui va prolonger la tradition southern rock. Y a-t-il beaucoup de jeunes groupes dans ce style, cette tradition est-elle toujours forte ?
Pas vraiment, il faut comprendre que le rock ici aux Etats-Unis est passé en fin de liste. C’est pas comme chez vous en Europe, où avec Skynyrd on a fait des festivals metal ou heavy monstrueux et dans lesquels notre musique était super bien accueillie, que ce soit par les jeunes ou par les plus âgés parce que tous aiment cette « good ole classic vibe ». Ici, c’est dur pour les jeunes groupes. Que ce soit Black Stone Cherry, Blackberry Smoke ou A Thousand Horses, ils ont plus de succès chez vous en Europe qu’ici aux US. Mais, et je le leur ai dit, ça me rappelle la manière dont Blackfoot a décollé. Ca a vraiment commencé avec une tournée européenne où nous ouvrions pour Scorpions et de là, ça a décollé. Et je trouve que ce serait vraiment génial si Blackfoot pouvait ouvrir pour Black Stone Cherry chez vous et tourner avec eux. On verra bien, il y a beaucoup de choses qui se préparent en ce moment donc… wait and see.

L’actu de Skynyrd ?
On est en tournée depuis mai. Ensuite on aimerait bien sortir un nouvel album, on a déjà beaucoup de matériel en réserve. Ca demande à être travaillé, il y aura du boulot mais on est confiants. Enfin pour le moment, on tourne. En ce qui me concerne, bon Skynyrd, Blackfoot et j’ai d’autres projets en cours aussi, bref je suis super occupé et je cours partout comme un dératé, ha ha !

Merci beaucoup de nous avoir accordé cette interview alors…
Au contraire, c’est moi qui vous remercie de m’avoir consacré un peu de votre temps.

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Mots-Clefs

Type d’article
Interview
Musiciens/Groupes
Rickey Medlocke
Numéro
GX76

 

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