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Hamer : The Story

D avril 1997     H 02:57     A Judge Fredd    


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Depuis environ deux ans et demi, Hamer, qui souffrait jusque là d’une distribution erratique et squelettique, a jeté son dévolu sur l’hexagone. Parallèlement, la marque a soufflé ses vingt bougies en grande forme (vingt ans et toutes ses dents ?) et venait juste d’exposer ses guitares au Smithonian Institute lors de notre visite. Autant de raisons de partir à la découverte de l’Hamérique. Cela se fera en quatre temps : historique (ce qui suit), gamme, visite de l’usine et courtes interviews de musiciens célèbres et moins célèbres qui nous diront ce qu’ils apprécient dans les guitares Hamer.

Débuts

Note : cet article comporte plusieurs onglets (juste au-dessus de ce texte). N’oubliez pas de cliquer sur chacun d’eux pour lire l’article dans son intégralité.

Hamer Guitars U.S.A. a vu le jour très progressivement et on a du mal à dater précisément ses débuts. Vous constaterez d’ailleurs que la datation approximative est un peu une constante chez Hamer. On sait cependant que l’entreprise émerge en tant que telle en 1975, avec statuts, catalogue etc., alors que des guitares de la marque circulaient déjà depuis 1974 et qu’elle fut fondée de facto en 1973. Ce n’est qu’un parmi une série de paradoxes, qui s’expliquent par l’esprit très "Custom Shop" (et donc non-conformiste) qui a toujours animé l’entreprise aussi bien dans sa croissance que dans la conception et l’élaboration de ses modèles.

Jol Dantzig

Jol Dantzig et une autre de ses passions

Mais revenons en arrière, car si l’on veut comprendre et la genèse et l’esprit d’Hamer, il est nécessaire de mieux connaître celui de ses deux fondateurs qui y officie encore aujourd’hui : Jol Dantzig. Jol naît en 1952 à Chicago. Son père, érudit, businessman, photographe est aussi musicien amateur et se débrouille plutôt bien en mécanique, éclectique non ? Sa mère chante dans les night clubs durant les années quarante et cinquante.

"Enfant, j’étais du genre à tout démonter pour mieux le remonter. Ensuite, j’ai suivi les traces de mon père : j’ai étudié l’art (Art Institute of Chicago), la musique et j’adorais les voitures de course. Je crois que c’est ce mélange entre la compétition automobile et la beauté de l’art et de la musique, qui a façonné ma vie. Avec une maison remplie d’airs d’opéra et de bruits de moteurs, je ne m’étonne pas d’avoir été attiré par la puissance du rock n’ roll"

Après avoir été pilote de kart et s’être essayé au management, il quitte l’Art Institute en 69 pour tourner comme bassiste dans un groupe de rock. Pour se faire un peu d’argent, il loue son matériel à d’autres groupes lorqu’il ne tourne pas et finit par monter une petite société de location (n’oublions pas que son père est aussi businessman) capable d’aligner trois backlines complets.

La Flyin'V de Mickael Shenker
Du temps d’UFO, Mickael
Shenker faisait réviser ses
Gibson à Northern Prairie

C’est par ce biais qu’il retrouve Gary Gand, un ancien compagnon des circuits qui désormais joue de la guitare avec devinez qui..? Paul Hamer ! Un soir que leur bassiste en titre est indisponible, ils demandent à Jol de le remplacer, la soirée se passe on ne peut mieux et le principe du "kiparalachasspersaplass" se vérifie une nouvelle fois.

Northern Prairie

Parallèlement, Paul Hamer et Jol Dantzig se lancent dans l’achat et la vente d’instruments. En 1972, ils ouvrent un magasin, le Northern Prairie, à Wilmette Illinois. Petit à petit, la collection d’amplis et surtout d’instruments vintage, Fender et Gibson, grandit et attire la clientèle de nombreux guitaristes comme Rick Nielsen de Cheap Trick, Martin Barre de Jethro Tull et Andy Powell de Wishbone Ash. Les rôles sont bien distribués entre les deux hommes : Paul c’est le "vendeur" de la paire tandis que Jol est l’homme de l’art.

Le magasin acquiert une certaine renommée, et se retrouve de plus en plus souvent sollicité pour des réglages, des restaurations ou des réparations sur des Gibson vintage. Fréquemment contactée, la firme de Kalamazoo suit l’évolution du magasin et de fil en aiguille, Gibson finit par proposer à Northern Prairie de devenir le premier réparateur agréé (Gibson Warranty Center) des Etats-Unis. S’ensuit pour Jol un stage intensif de deux semaines à Parson Street, Kalamazoo, sur les spécifications, les méthodes de fabrication maison et les techniques de réparation préconisées par la firme. Autant dire qu’après cela, les Gibson n’ont plus aucun secret pour lui. Cette situation de réparateur agréé va d’autre part lui permettre de repérer les points forts mais aussi les faiblesses de ces guitares, ne serait-ce que par la fréquence de certains types d’accidents. Avant même de construire leur première guitare, les Hamer boys ont donc accumulé une énorme expérience en matière de lutherie, de vernis et d’électronique. Cela leur sera utile plus tard.

N°0000

Parmi les nombreuse guitares vintage qui leur passent entre les mains, une Explorer originale les fait flasher. La première Explorer reissue Gibson ne verra le jour qu’ en 1976, et il faut garder à l’esprit que cette guitare est extrêmement rare jusque là. La graine est semée et l’idée de construire eux-mêmes une Explorer fait son chemin. De plus, Jol ; qui joue dans un nouveau groupe aimerait bien remplacer sa Rickenbacker 4001 par quelque chose de plus délire : une Flyin’V basse noire par exemple. Peu à peu son projet prend forme : toute en acajou, elle est équipée d’accessoires de récupération (merci l’atelier de réparation) : un chevalet, une touche et un micro provenant de différentes basses Gibson et un micro Hofner. Paradoxalement, cette première Hamer ne s’appelle pas Hamer et reste anonyme. Cela ne l’empêche pas de susciter l’enthousiasme des pros qui la voient et les commandes suivent...

N°0000

La première Hamer

Si les souvenirs de Jol Dantzig sont bons, il lui semble que les deux guitares suivantes furent des Flyin’V, avec table en érable, elles aussi anonymes, dont l’une fut achetée par Jan Akkerman de Focus (groupe néerlandais célèbre pour ses iodles classissisants). Leur forme mise à part, ces deux guitares étaient très semblables au quatrième instrument réalisé dans l’atelier de Northern Prairie, première Hamer officielle (voir photo), originellement destinée à Paul Hamer et prototype de ce qui va être le premier modèle Hamer au catalogue : la Standard. Cette guitare, qui reprend la forme de l’Explorer Gibson, possède un corps en acajou surmonté d’une table en érable ondé en deux parties, finition sunburst. Un binding l’entoure tandis que le manche, d’une pièce d’acajou, est surmonté d’une touche en palissandre aux repères dot. Les micros pourraient être des Gibson PAF (mémoire du concepteur peu sûre à ce sujet). Deux détails achèvent de la rendre unique (s’il en était besoin) : c’est la seule Standard dont les potentiomètres sont alignés parallèlement au manche et non dans la continuité de la corne inférieure, et dont les mécaniques (des Grover à bain d’huile) ne sont pas implantées perpendiculairement à la crosse.

Au moment de choisir un nom pour leurs instruments, les deux partenaires tombent d’accord sur Hamer, simplement parce qu’il leur semble que c’est ce qui sonne le mieux. Au vu de ce qui se passera plus tard il aurait peut-être été plus pertinent de les baptiser "Dantzig", mais comme le dit Jol lui-même : "A cette époque nous pensions que cela durerait peut-être deux ou trois ans, nous étions loin d’imaginer la suite. Et puis mon ego ne me titillait pas vraiment, comme ensuite et à chaque étape de la vie de la compagnie, ce qui semblait le mieux pour le produit primait."

Quand il voit la toute première Standard Rick Nielsen craque : "A cette époque Cheap Trick se produisait dans les mêmes clubs locaux que mon groupe, donc on se connaissait. Il collectionnait déjà les guitares vintage et devint client de Northern Prairie. Lorsqu’il a vu la première basse et la guitare qu’on avait faite pour Paul, il en a commandé une. A cette époque, la réalisation d’un instrument prenait tellement de temps (5 ou 6 mois), qu’en attendant, et comme Cheap Trick prenait de plus en plus d’importance, on lui a prêté celle de Paul, la n° 0000. La Standard qui lui était destinée portait le n° 0004 et avait une table naturelle. Quand elle fut prête Rick s’était habitué à l’autre et il a acheté les deux. Pour l’anecdote, la première commande (n° 0001) fut une Explorer basse, noir métal avec des micros de Thunderbird, pour Martin Turner le bassiste de Wishbone Ash et la deuxième une Standard (n° 0002 pour Martin Barre". Un par un, les habitués et les professionnels craquent : outre Cheap Trick (dont le bassiste adoptera des basses huit et douze cordes), Jethro Tull et Wishbone Ash, on commence à voir des Hamer sur scène avec Bad Company (Mick Ralphs), Rick Derringer et plus tard 38 Special (Jeff Carlisi).

La Sunburst

Paul et Jol décident d’arrêter leur activité de revendeurs pour se consacrer à leurs propres créations. En 1976, ils commencent à travailler sur un projet de guitare plus abordable que la Standard, qui reste malgré tout un haut de gamme (2000 $) destiné à des pros ou à des amateurs nantis. Ils la veulent simple, belle, efficace et projettent de la produire en petite série. La Sunburst (voir modèles), puisque c’est son nom, va leur demander dix-huit mois d’efforts acharnés, au terme desquels, ils pourront en exposer quatre exemplaires au Namm de Chicago en Juin 77.

Il me faut rappeler que jusqu’à présent les Hamer ne sont disponibles que dans quatre points de vente dont Sam Ash à New York et Guitar Center à Chicago (pour mémoire, en 1977 la production totale de Hamer depuis ses débuts est de 75 instruments). Après avoir vu la Sunburst d’autres revendeurs se manifestent et leur nombre atteint vingt-neuf fin 78. Avec cette guitare, et la basse 12 cordes (invention maison), Hamer voit son activité et son chiffre d’affaire augmenter de 3OO%. Le succès oblige les associés à quitter Wilmette (le Northern Prairie deviendra un magasin de spiritueux) pour emménager dans ce qui sera la première "usine" Hamer (140 m2) à Palatine Illinois. La production, essentiellement des Sunburst est de 15 guitares par mois, soit 180 par an. A ce moment apparaît Frank Untermyer, un homme important pour le futur de la marque. Hamer est désormais détenue et dirigée par un triumvirat : Paul Hamer est le directeur des ventes, Jol Dantzig le directeur technique et designer et Franck Untermyer le directeur financier.

Pendant deux ans, les affaires vont de mieux en mieux, au point qu’un nouveau déménagement s’impose en 1980 dans des locaux plus importants à Arlington Heights, Illinois. Le personnel, commerciaux et fondateurs compris, atteint alors le nombre de dix personnes ; la production est de 25 guitares par semaine, soit environ 1200 par an.

L’ère Kaman

Andy Summers et Jol Dantzig

1980 s’avère une année riche puisqu’ Hamer introduit un autre modèle important commercialement, la Special, directement inspirée de la Les Paul double cutaway du même nom, dont le prix est encore plus bas que celui de la Sunburst. En 80 encore, Hamer abandonne les manches d’une seule pièce de bois et adopte la technique du stressed neck (voir prochains numéros), garantissant une plus grande rigidité du manche. Toujours en 1980, Jol Dantzig se lance dans un projet qui ne connaîtra pas le même succès que les basses 12 cordes (mais est symptomatique de sa volonté d’innover qui s’est matérialisée encore récemment avec la Duo Tone), j’ai nommé la Prototype (voir encadré). Le modèle n’apparaîtra d’ailleurs au catalogue que deux ans plus tard. En 82/83, Dantzig collabore aussi avec Andy Summers sur la Phantom A5 avec laquelle le Policeman se produira régulièrement. Cette guitare sera la première à arborer un sillet en Lubritrak.

Perte de cap et séparation

Au milieu des eighties la firme s’éparpille... par fidélité. Fidélité à sa tradition d’écoute des musiciens et à la passion de Jol pour les défis techniques. La tendance est au Floyd Rose ? Hamer sera le premier fabricant à le proposer en série. La guitare pyrotechnique réclame des manches plus fins ? On affine. Le hard règne en maître ? On multiplie les modèles aux formes et aux finish extravagants. On ne vend plus que des strats avec Floyd ? Banco ! Autre facteur aggravant, Jol essaye des trucs plus ou moins pertinents comme le Sustainiac. En deux ans (85/87), Hamer sort plus de modèles que depuis sa création. Il faut dire aussi que l’époque est difficile, ceux qui ont les moyens préfèrent mettre le prix sur des guitares vintage plutôt que sur des instruments neufs, et ceux qui ne les ont pas se tournent vers les japonais, Ibanez en tête, qui mènent une politique tarifaire agressive. Bref, animés des meilleures intentions, coincés entre le marteau et l’enclume, désireux de s’adapter aux courants du moment, les trois associés finissent par accoucher d’un monstre protéïforme dont l’image se brouille dans l’esprit du public. Pour certains, la marque est réservée aux hardeux, pour d’autres elle ne réalise que des customs délires, ou bien encore, elle n’évoque rien du tout. L’image fortement ancrée "custom haut de gamme façon vintage" des débuts est à reconstruire.

Le catalogue de années 80
Le catalogue des années 80

Frank Untermyer, Jol Dantzig et Paul Hamer se posent donc, en 87, la question du futur de la compagnie. Cette discussion met à nu des dissensions qui couvaient depuis un moment entre Paul et les autres sur bien des points, et notamment sur l’orientation de la future gamme. Mis en minorité, à la suite d’un vote, Paul quitte l’entreprise qui porte son nom (il serait actuellement dans l’immobilier). A partir de là, commence l’ère actuelle, avec un retour vers l’esprit vintage et un recentrage de la gamme autour de la Sunburst devenue Arch Top entre-temps. L’entreprise a trouvé son credo, il tient en deux mots, Modern Vintage, et marque la volonté de perpétuer la tradition en ne négligeant aucune technologie moderne qui puisse l’enrichir sans la dénaturer.

L’ère Kaman

Rick Nielsen et sa Hamer 5 manches

Le rapprochement avec Kaman s’opère en 88 et l’on retrouve encore une fois Franck Untermyer qui, en parallèle, travaille depuis longtemps pour la marque Ovation. Cette association va permettre aux instruments d’Arlington Heights de bénéficier de la formidable structure de distribution internationale du groupe et d’un énorme budget publicitaire. Logiquement, l’étape suivante est le rachat de Hamer par Kaman. Du coup, le fabricant de l’Illinois est intégré à la plus grosse entreprise de music business des U.S.A. (quatre à cinq fois le chiffre d’affaire du groupe Gibson), sans avoir à sacrifier sa philosophie sur l’autel de la rentabilité, car Bill Kaman (l’inventeur des Ovation) est également grand collectionneur de vintage. Kaman investit dans l’achat de machines à découper performantes (d’où l’apparition des tables sculptées) qu’Hamer n’aurait pu acquérir par ses propres moyens. Le fabricant se retrouve également en position de force vis-à-vis de ses fournisseurs en bois, ce qui lui permet, nous le verrons lors de la visite d’usine, d’être encore plus exigeant sur la qualité.

En contrepartie, Kaman développe une ligne coréenne inspirée des modèles américains. Là encore, cela ne se fait pas n’importe comment : un superviseur de chez Kaman vient faire un stage au 835 West University Drive pour observer et comprendre les méthodes maison. Il part ensuite en Corée, suivre la production et faire appliquer, autant que possible, ce qu’il a observé. Inutile de vous dire que ce monsieur fait pas mal d’aller-retours, Chicago/Connecticut/Corée dans l’année. De plus, Jol Dantzig garde un droit de veto sur toute décision qui lui semblerait de nature à faire baisser le niveau de qualité. Tout cela explique l’excellence des Hamer Slammer (qui vont cesser de s’appeler ainsi pour devenir des Hamer tout court, les modèles US s’appelant Hamer U.S.A.) et aussi... leur prix.

Cette année, pour la troisième fois, Hamer va déménager, direction le Connecticut, aux alentours d’Avril/Mai, pour se rapprocher de Kaman et surtout de KMI, la branche distribution du groupe. L’usine va y être reconstituée quasiment à l’identique, et 70 % du personnel actuel a décidé de suivre le mouvement (on est U.S.A.). Hamer va y gagner, d’abord en vitesse de communication avec le reste du groupe, ensuite en profitant de certaines installations comme le département Recherche. Actuellement, lorsque Jol Dantzig veut tester quelque chose de nouveau, il est obligé de distraire un ou deux employés (ils ne sont que 33, patrons et administration compris) de la production. Chez Kaman trois personnes ne travaillent qu’à cela, ça change la vie. 1997 sera donc l’année du "bouleversement serein" pour Hamer qui entend rester une petite usine ou plutôt un gros custom shop.

Modèles

Standard Checkerboard

Hamer Standard Checkerboard (échiquier)

Pour cette guitare, Jol Dantzig a utilisé un nouvel adhésif de chez 3M appelé Fine Line Tape parce que ses bordures étaient beaucoup plus droites. Au départ, la guitare était blanche ; il l’a recouverte de bandes d’adhésif dans lesquelles il a découpé des carrés au cutter, ce qui lui a pris environ neuf heures de travail. Il a ensuite peint la guitare en noir et a retiré ce qui restait d’adhésif. L’idée était aussi que tous les éléments (à part chevalet et cordier) s’intègrent dans le motif échiquier. Pour les potentiomètres par exemple, Rick aimait jouer avec le volume du micro grave un peu baissé, donc il a fallu s’arranger pour que le potar se trouve à cette exacte position lorsque ses carrés s’alignait avec ceux du corps de la guitare. Autre détail moins flashy mais tout aussi précis à réaliser les repères en nacre en forme de noeud papillon, autre trademark du guitariste de Cheap Trick. Chaque case fait 12,5 mm de côté et au bout du compte, lorsque Jol va voir Cheap Trick sur scène (à cette époque ils remplissaient des salles énormes), il se rend compte que de loin, le motif n’est pas aussi évident que de près et qu’il aurait pu faire les cases quatre fois plus grosses. Il raconte d’ailleurs l’anecdote suivante : "Lorsqu’il a fallu refaire une cinq manches pour Rick, parce que l’originale a maintenant trop de valeur pour voyager, il a voulu qu’elle adopte le même motif. Malheureusement, j’avais pris une année sabbatique et ceux qui ont travaillé dessus ont refait les cases à la même dimension ce qui prend quatre fois plus de temps tout en étant moins sympa visuellement. D’ailleurs ils se sont plaint de la difficulté qu’il y avait eu à le faire, vu la surface..." On notera enfin le cache du truss rod, en forme de bombe, répondant au doux nom d’Enola...

Uncle Dick

Uncle Dick

Tout acajou, Uncle Dick vient d’un croquis fait par un certain Scott Stevenson, un pote de Nielsen. Le jeu a consisté à être fidèle au dessin original aussi bien pour la forme que pour les détails (cravate petits graffitis), tout en construisant une vraie guitare.. Une idée folle qui devient réalité en quelque sorte. Uncle Dick est pourvue de micros Hamer Slammer (mis au point en collaboration avec Larry Di Marzio en 1976), d’un Sustain Block et d’un vibrato Khaler peut-être pas d’origine. Le son est routé via un volume, une tonalité et un sélecteur de micro. Un sélecteur de manche (manquant) était aussi dispo. Must du must, on peut retirer la tête de Rick et la remplacer par celle du batteur de Cheap Trick, Bun E. Carlos. Comme ce dernier fumait tout le temps, sa tête était pourvue d’un trou dans lequel on pouvait glisser une cigarette.

Hamer Prototype

Apparue en 1982, cette guitare tout acajou avec touche palissandre, dont le propos était de disposer de sons gibsoniens et fendériens sur le m ?me instrument, n’a pas connu le succès commercial escompté, question de timing sans doute. La Prototype est équipée d’un double et d’un simple Hamer Slammer accolés. Le simple se trouve plus près du manche que sur une Telecaster par exemple, ce qui lui permet de récupérer un peu de moelleux sans pour autant se prendre pour un micro grave.

Détail

L’électronique n’est pas en reste, puisqu’un circuit interne fait gagner de la clarté au fur et à mesure qu’on baisse le volume. L’accastillage se compose de mécaniques Schaller et d’un Sustain Block maison. Les sons possèdent pas mal de puissance. En position double, c’est sans surprise, sustain, saturation et patate sont au rendez-vous. En position simple, on obtient des sons proches d’une Tele, avec une brillance plus mesurée. En position milieu, on a les trois bobinages, le son est creusé et on pense à une Strato en un peu plus agressif, c’est assez étonnant. Le manche, plutôt fin et plat, procure par ailleurs d’agréables sensations. Malgré sa piètre carrière, la Prototype perdurera à travers le modèle Steve Stevens dont la première version s’ appelait d’ailleurs Prototype SS.

Scarab

Hamer Scarab

Dérivée de l’Explorer, dont on aurait rogné la corne inférieure et creusé la base en arrondi, cette guitare est symptomatique de la période "tous azimuts" du milieu des années 80. Tout acajou, sauf certains modèles dont le manche est en érable pour supporter le sillet à blocage du Floyd (traversant à l’époque), Les Scarab étaient dotées d’une touche palissandre et de mécaniques Shaller. Ce modèle précis est équipé d’un vibrato Khaler, mais d’autres recevaient un Floyd ou pas de vibrato du tout. La Scarab I avait un pick guard et un seul double bobinage (un Hamer Slammer), la Scarab II avait deux humbuckers et pas de pickguard.

Hamer Sunburst

Cette Sunburst, la toute première qui sortit de l’usine Hamer (aucun n° de série), est désormais la propriété de Rick Nielsen (encore lui). Sa forme, inspirée de la Les Paul Special double cutaway, deviendra emblématique de la marque à partir des années 87/88 et sera adoptée pour une bonne dizaine de modèles. Sur une base en acajou, on a collé une couverture en érable plate épaisse d’un peu plus d’1mm ; cette couverture se muera dans la deuxième moitié des eighties en une véritable table sculptée de 15 mm d’épaisseur environ. Dans la foulée, la Sunburst sera rebaptisée Arch Top, mais on trouve d’occasion, des modèles à table sculptée portant le patronyme de Sunburst, témoins de la transition en quelque sorte. Le manche est ici d’une pièce d’acajou (et non trois). Son dos est légèrement moins rond que ce qui se fait actuellement. Il est surmonté d’une touche palissandre avec des repères trapézoïdaux en nacre. Pour le reste, six mécaniques Shaller à bain d’huile, deux doubles Di Marzio (on passera plus tard à des Seymour Duncan) et le chevalet Sustain Block maison dans sa première version. Les cordes s’enfilent par le dos de la guitare comme sur une Telecaster. Pour que le chevalet, d’obédience Fender se trouve assez haut, un insert de plastique dur est placé en dessous. Par la suite, l’insert sera en palissandre et disparaîtra complètement car c’est la base même du Sustain Block qui épaissira.

La première Sunburst

Les petites-filles de cette Sunburst arborent désormais la classique combinaison Stop Bar + Tune O Matic ou bien le Hard Tail Wrap-Around Bridge de Wilkinson. On remarque également que le bouton attache-bandoulière se trouvait au dos de la guitare et non sur la corne supérieure comme maintenant et que le sillet n’est pas encore en Lubritrak. La première d’une longue lignée.

Datation

Année d’apparition au catalogue des différents modèles (hors customs) :

  • 1975 : Standard
  • 1977 : Sunburst
  • 1978/79 : Basses 8 et 12 cordes
  • 1980 : Special
  • 1981 : Basse Long Scale
  • 1982 : Vector, Phantom A5, Prototype, Teardrop, Blitz, Cruise Bass
  • 1984 : Prototype II, Prototype 12 cordes, Blitz Bass
  • 1985 : Vector KK, Phantom A7, Phantom GT, Scarab I, Scarab II, Scarab Bass, Prototype SS
  • 1987 : Virtuoso, Chaparral, T.L.E., Steve Stevens, Blades Bass, F.B. bass, Chaparral Bass
  • 1988 : Californian, Scepter
  • 1991 : Maestro 7 cordes, Vintage S, Centaura, Impact Bass
  • 1992 : Diablo, T-62, Impact Bass 5 cordes
  • 1993 : Special FM, Archtop GT
  • 1994 : Archtop Studio, T-51, Daytona, Duo-Tone
  • 1995 : Standard Reissue, Cruise Bass Reissue
  • 1996 : Korina Standard (ltd edition)
  • 1997 : Korina V (ltd edition)

Datez votre Hamer

Duotone

Les premières Hamer portent un n° de série à quatre chiffres. Elles furent numérotées dans l’ordre où elles étaient fabriquées. Cela inclut également les customs comme la Mandocello (une guitare électrique huit cordes, 2x4 comme une mandoline, accordée comme un violoncelle) qui porte le n°0080 ou les basses dix et douze cordes de l’époque. Jusqu’en 78 cela ne pose aucun problème puisque les guitares sont produites en très petites quantités.

En 78, avec l’arrivée de la Sunburst, Hamer inaugure un nouveau système à cinq chiffres, dont le premier indique l’année de fabrication et les quatre autres le numéro d’ordre. Pendant un temps, les deux systèmes de numérotations vont coexister, celui à cinq chiffres étant réservé aux Sunburst. En 1980, le système à quatre chiffres s’épuise (n°9999 oblige) et toutes les Hamer bénéficient de la numérotation à cinq chiffres. En 1983/84, on passe à six chiffres avec toujours le millésime comme premier chiffre. A priori, et malgré le côté empirique de tout cela, il n’est guère possible de se tromper :

  • quatre chiffres : votre guitare date d’avant 1980. Plus son numéro est faible plus elle est ancienne.
  • cinq chiffres : fabriquée entre 78 et 83 s’il s’agit d’une Sunburst, entre 80 et 83 s’il s’agit d’un autre modèle, le premier chiffre indiquant l’année exacte.
  • six chiffres : si votre n° commence par 0,1 ou 2 votre guitare date de 90, 91 ou 92. S’il commence par 3,4,5,6,7,8 ou 9, vous pouvez vous demander si elle est née dans les années 80 ou 90. Il faut alors garder à l’esprit que la majorité des modèles fabriqués dans les années 80 ne l’étaient plus dans les 90 ou alors avec de telles modifs (Sunburst par exemple) que la confusion est improbable. Inversement, beaucoup de modèles apparus dans les années 90 n’existaient pas dans les années 80. De plus, le numéro d’ordre est beaucoup plus élevé sur une guitare de 97 que sur un instrument de 87.

Pour vous aider, reportez-vous à la liste d’apparition des modèles au catalogue que nous publions et si un doute subsistait vous pouvez écrire à Hamer.

Bonus

Zebra coils

  • Hamer a été la première marque à doter ses guitares de humbuckers noir et blanc (zebra coils), merci Rick Nielsen !
  • Hamer a été la première marque à proposer (en option) un accastillage entièrement noir.
  • Steve Vai et Jol Dantzig avaient travaillé ensemble sur le concept de la future Jem, avec poignée et tout et tout. Malheureusement, à l’époque Martian Steve ne voulut pas entendre parler d’endorsement au prétexte qu’il était un artiste. Les temps changent...
  • Hamer a été la première marque à proposer une guitare à 36 frettes.

 

Mots-Clefs

Type d’article
Visite d’usine
Marques
Hamer
Numéro
G&C 184

 

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