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Mesa Boogie Heartbreaker

Back to the roots

D octobre 1996     H 00:41     A Judge Fredd    


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Pour son 25ème anniversaire, Mesa Boogie, retourne vers ses racines sans renier la modernité avec le Heartbreaker. Une démarche plus intelligente que la simple reissue qu’on aimerait voir plus souvent adoptée par les constructeurs. Alors, back to the future !

Le Boogie Mark I fut le premier ampli à intégrer plusieurs étages de préamplification fonctionnant en cascade, et pour cause, puisque Randall Smith, inventeur du procédé est aussi le fondateur de la marque. Son premier bébé a tellement marqué les esprits que beaucoup d’aficionados regrettaient sa sortie du catalogue. Cela dit, un modèle strictement reissue aurait manqué de pertinence en 96, vingt-cinq ans après. Aussi Randall a-t-il opté pour un deux canaux intégrant le meilleur de la modernité et sonnant à la manière de son prestigieux ancêtre.

Massif mais fin

Physiquement impressionnant, le Heartbreaker respire la robustesse et la qualité : ébénisterie massive, poignée cuir, toile avant rigidifiée, reverb à ressort gainée d’un épais vinyle, petite pochette de rangement, un peu dure d’accès, pour le footswitch métallique (fourni accompagné d’un jack Neutrik, branchement à l’avant) et protection maximale des lampes. Tout cela, plus les deux HP Black Shadow maison et les deux méga transfos, pèse extrêmement lourd ; aussi l’ampli est-il est fourni avec des roulettes douces et amovibles qui se fixent selon un système exclusif, rapide, performant et vraisemblablement endurant. Tout les éléments sont au diapason, ce qui permet à Boogie de signer une fois encore un objet d’excellente facture.

Mesa Boogie Heartbreaker

Côté électronique, la sophistication est au rendez-vous et le Heartbreaker rappelle de ce point de vue la profusion du Mark IV : les deux canaux, possédant chacun leur propres gain, master, EQ trois bandes, réglage de reverb et de presence, le tout chapeauté par un master général (Level), peuvent fonctionner selon deux modes : Hi et Lo Gain. En schématisant, Lo = sons clairs et crunchs quand on pousse le gain, Hi = sons crunchs et saturés. Chacun ayant son switch, le 1 peut fonctionner en mode Lo pendant que le 2 est en Hi ou inversement, ou les deux en Lo ou en Hi. De plus, le mode Hi de chaque canal peut être modifié via un switch Trim/Fat (net/gras) et un switch Normal/Boost sur le canal 1 qui devient un Bright/Warm (brillant/chaud) valable aussi en mode Lo sur le canal 2. Tout cela offre déjà bien des possibilités compte tenu de l’efficacité de l’égalisation (excepté des graves vite brouillons en saturé). Mais c’est loin d’être fini puisqu’on peut encore agir au niveau général par un switch Bold/Curvaceous (tranché/"incurvé") pour un rendu plus rentre dedans ou plus fin ; pour redresser le courant, on a le choix entre un pont de diodes et une GZ34, lampe redresseuse, avec là encore changement subtil du rendu général. On dispose également d’un sélecteur Full/Tweed Variac, agissant sur l’alimentation de l’appareil, comme c’était le cas sur le MKIV, la deuxième position étant plus soft, plus blues. Enfin, on a loisir de basculer l’ampli de 100W en 60W, mais aussi d’installer en place des 6L6GC, des 6V6 ou des EL34. Tout ce qui précède étant complètement interactif, vous avez une idée de la flexibilité du Heartbreaker.

Esprit de famille

Personnellement, j’aurais tendance à utiliser l’ampli ne mode Curvaceous, plus fin moins "grossier" que le Bold, avec la GZ34 pour la même raison et en full power, 100W ou 60W devant être plus considéré comme une option pratique que comme un paramètre de sculpture du son même si cela joue. J’ai trouvé le canal 1 beaucoup plus intéressant dans le registre des sons clairs, très beaux, très purs que dans celui des sons crunchs et saturés qui seront tout de même très exploitables avec des simples bobinages. Le boost n’est pas très musical. Le canal 2 est plus polyvalent, mais reste en retrait sur les sons clairs, on préférera donc l’utiliser en crunch et saturé sur la position Warm, plus gratifiante. D’une manière générale, l’ampli sonne très Boogie et rappelle effectivement beaucoup les premiers modèles de la marque, avec une largeur et une diffusion sonore accrue du fait de ses deux HP et de son fonctionnement en 16 ohms. On note une tendance à écraser les basses lorsqu’on en pousse un peu le réglage, des aigus et des middle vite agressifs, tout cela devant être relativisé suivant les options choisies et le type de micro utilisé. Sans compter la possibilité de changement des lampes de puissance et d’utilisation de baffles 4, 8 ou 16 ohms. La reverb est très belle, les réglages séparés des deux canaux s’avérant très profitables. La boucle d’effets fonctionne, comme on s’y attendait, on ne peut mieux.

Le Heartbreaker séduira les amoureux de la marque. En revanche si vous n’aimiez pas le Boogie Mark I, vous ne l’aimerez pas, tant il en est proche. Par contre, sa flexibilité n’a rien à voir avec la sobriété de l’ancêtre et constitue un atout sérieux pour séduire. Reste qu’à niveau de prestations élevé, prix... élevé.


Autres infos
  • Authentiquement Boogie
  • Qualité de fabrication
  • Flexibilité
  • Belle Reverb 
  • Pas à la portée de toutes les bourses
  • Pochette de rangement difficile d’accès 
  • Prix indicatif : 18 400 F TTC env.
  • Distribution : Music Business

 

Mots-Clefs

Amplis/Préamplis
100 W Combo Lampes
Type d’article
Banc d’essai
Marques
Mesa/Boogie
Numéro
G&C 178

 

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