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Peavey Omniac JD USA

La Stretolecaster

D 20 avril 2009     H 13:41     A Judge Fredd    


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Fabriquée au Custom Shop américain de Peavey, la série Omniac JD (eh oui c’est la Jerry Donahue Signature) a pour ambition de réunir en un seul instrument le meilleur des sons de la Tele et de la Strato. Avec un tel parrain, le but est atteint ça va sans dire.

Test

Note : cet article comporte plusieurs onglets (juste au-dessus de ce texte). N’oubliez pas de cliquer sur chacun d’eux pour lire l’article dans son intégralité, surtout qu’il y a une vidéo de Jerry Donahue présentant sa guitare sur le 2e onglet ;-)

Le corps en frêne, variation assez réussie sur le thème Telecaster, est recouvert d’un très beau blueburst laissant transparaître le veinage du bois à l’avant comme à l’arrière de l’instrument. On note au passage la beauté du bois employé. La tranche est, elle, entièrement noire à l’exception du binding blanc qui, sur le modèle testé, présente un très léger défaut, visuel uniquement, au niveau de la corne inférieure. Le manche, d’une pièce d’érable bird’s eye, adopte un profil en V très agréable sous la main et ne comporte pas de touche rapportée (mapleneck). La jonction corps/manche a été travaillée pour se lover dans le creux de la main, un plus indéniable dès qu’on joue sur les cases aiguës. La crosse reçoit six mécaniques Wilkinson Deluxe de type Fender vintage et un œillet de rétention pour les deux cordes. Sur le modèle testé, et c’est la seule réelle fausse note de cet instrument, les Wilkinson, outre une finition assez fruste, semblaient peu réactives et certainement pas à leur place sur une guitare de ce prix. A vide, la guitare se montre, sonore et brillante. Elle est extrêmement confortable à jouer, ni trop lourde ni trop légère, on se régale.

Omniac JD USA

La Donahue’s touch

Jerry Donahue (Hellecasters entre autres) a ses petites marottes, dont l’une est de mixer la Strato et la Tele : non content d’avoir installé une plaque métallique sous les micros de sa Strato pour qu’elle sonne plus Tele, il avait équipé sa Tele d’un micro grave de Strato et d’un sélecteur 5 positions, le tout avec câblage perso. C’est cette config encore améliorée que l’Omniac JD met à votre disposition, avec deux Seymour Duncan, un Custom en grave et un Jerry Donahue Signature en aigu.

A l’arrivée, cela donne quelque chose de cohérent et convaincant : sur le micro grave on a exactement le son d’une Strat avec à la fois le velouté, la chaleur et des attaques nettes et claquantes. Le son idéal pour se taper des blues à la Clapton. Clapton toujours, sur la seconde position qui fournit le fameux Woman Tone, le son du micro (ici le grave) avec la tonalité coupée (du moins était-ce la recette donnée par Dieu himself). Un son très smooth, moins agressif, carrément jazzy. En position milieu, on a les deux micros en parallèle avec, paraît-il, un câblage particulier, qui donne la position milieu d’une Tele, assez classique en fait. Position suivante, même chose avec l’entrée en jeu de capacités et de résistances qui rendent de manière plus que convaincante la position inter milieu/aigu d’une Strato. Enfin, le micro aigu tout seul, donne le son d’un aigu de Tele, sauf que le Jerry Donahue a été travaillé pour avoir un équilibre parfait entre les cordes, et pour favoriser le sustain.

Cette palette sonore, à cheval sur Strato et Tele, est vraiment le point fort de l’Omniac JD, ce qui la rend vraiment spéciale, car on a les sons les plus sympa de l’univers fendérien sur un seul et même instrument. Si on y ajoute le profil de manche en V, on réalise que les choix opérés par Peavey et Donahue ont doté l’Omniac JD d’une personnalité affirmée, même si elle revendique haut et fort sa filiation avec les guitares légendaires des fifities. Merci Jerry !

Trois questions à Jerry Donahue

On vous connaissait comme artiste Fender, pourquoi êtes-vous désormais chez Peavey ?

J’avais décidé de changer, car je n’étais plus en accord avec la politique de support et de suivi des artistes nouvellement mise en place chez eux. J’ai donc pris contact avec Peavey car j’avais entendu pas mal de commentaires assez élogieux sur certains des excellents luthiers que la marque avait engagés et sur les magnifiques guitares qui sortaient de leurs ateliers.

Comment vous est venue l’idée de mixer le meilleur des sons Tele et Strato ?

J’ai commencé à travailler là-dessus avec Fender. Ayant joué sur les deux guitares durant les années 60 et 70, je m’étais rendu compte qu’aussi bonnes fussent-elles, chacune d’elle avait, à mon sens, ses points faibles. Beaucoup d’autres gens ressentaient la même chose. En gros, on achète une Tele pour le micro aigu et la position intermédiaire. Le micro grave est très limité et assez sourd la plupart du temps. Inversement, les positions les plus populaires sur une Strato, sont le micro grave seul et l’intermédiaire entre micros aigu et milieu. J’ai de plus constaté que le son du seul micro aigu de la Strat ne convenait qu’à très peu de guitaristes.

Du coup, je me suis fixé comme but de combiner le meilleur des deux sur un seul instrument. On n’en était pas loin avec Fender, mais c’est vraiment en retravaillant le tout avec Peavey qu’on a atteint la perfection. L’Omniac intègre les quatre positions que je viens de décrire plus, et c’est à mettre entièrement au crédit de Peavey, sur la position inter entre grave et milieu, un son qui rappelle une guitare de jazz, similaire à celui d’une Gibson L5 ou L7. Avec un bon overdrive on approche le fameux Woman Tone que Clapton a si bien utilisé avec Cream.

Pourquoi un profil en V pour le manche ?

C’est simple. Le meilleur manche que j’aie jamais eu entre les mains était celui d’une Stratocaster de 1956 appartenant à un de mes amis. Pendant des années j’ai cherché à faire reproduire ce manche par différentes compagnies, sans jamais arriver à un résultat satisfaisant. Peavey s’y est attelé et, de reproduire fidèlement ce manche, il en ont fait leur affaire, avec l’original comme modèle. C’est exactement ce qu’ils ont réussi à faire.

Jerry Donahue présente la guitare à la Messe (anglais)


Autres infos
  • Esthétique
  • Elle sonne vraiment bien
  • Electronique bien pensée
  • Profil du manche en V
  • Allie personnalité et tradition
  • Mécaniques Wilkinson pas au niveau sur le modèle testé
  • Pas à la portée de tous
  • Prix indicatif : 1 949 €
  • Distribution : Peavey Europe

Portfolio

 

Mots-Clefs

Instruments
Guitare électrique
Type d’article
Avec vidéo Banc d’essai
Musiciens/Groupes
Jerry Donahue
Marques
Peavey
Numéro
GX32

 

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