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Le Boogie MkI

D janvier 2000     H 23:41     A Judge Fredd    


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En 66 Randall Smith, fondateur de Boogie est batteur (encore un) dans un groupe improbable. L’ampli du clavier (David Kessner) tombe en panne et c’est Randall qui le répare en un quart d’heure. Très impressionné, Kessner lui propose d’ouvrir un magasin de musique, Smith s’occupant des réparations et lui des sous. Ce sera Prune Music à Berkeley.

Les clients se succèdent et un jour les roadies de Country Joe And The Fish suggèrent à Randall de customiser un Fender Princeton avec cette consigne : "Il faut vraiment quelque chose de sauvage qui lui fasse fondre les oreilles". Randall pose alors sans le savoir encore les bases de ses futurs amplis, transformant le 12W Princeton en un quasi Bassman de 60W qu’il équipe d’un 12" JBL. Le bouche à oreille fonctionne et un jour c’est rien moins que Carlos Santana qui se pointe chez Prune pour essayer la bête. Après un essai d’anthologie avec foule autour de la porte du magasin, Santana lance : "This little amp really boogies", et voilà pour le nom.

Boogie MKI woody

Après avoir réalisé 200 "Boogie" à base de Princeton dans une ancien chenil transformé en atelier, Smith quitte Prune et galère un peu, puis poussé par un guitariste local (Lee Michaels) il cherche à réaliser un préampli ayant vraiment le son. Il va alors avoir une idée de génie qui révolutionnera toute l’industrie de l’amplification guitare : la préamplification en cascade avec plusieurs volumes, un master et une lampe de préamplification supplémentaire. Rassemblant sa découverte et son expérience sur les Princeton, il fabrique le Boogie Mark I (il ne s’appellera comme ça que lorsque le MkII sortira), que Santana va populariser à travers le monde. Qui sait si Europa aurait vu le jour sans Boogie...

Ce MkI nous paraît aujourd’hui un peu spartiate avec ses deux volumes, son égalisation trois bandes et son master, mais à l’époque ce fut un raz de marée, car il offrait ce que beaucoup de guitaristes cherchaient : un taux de saturation conséquent, donc pas mal de sustain, et ce, à des volumes très raisonnables, là où les autres amplis devaient être poussés à fort volume pour obtenir des taux de saturation souvent moindres. L’autre bonne idée de Randall Smith est d’avoir donné à ses amplis un cachet, un côté luxueux avec des bois exotiques ou des finitions peau de serpent, un cannage en osier en guise de toile avant etc.

Voilà donc comment Boogie a ouvert une nouvelle ère dans l’amplification guitare avec des ingrédients si traditionnels qu’un staff Gibson venu visiter son atelier pour comprendre la "révolution" dont tout le monde parlait, repartit persuadé qu’il n’y avait là rien de neuf et que c’était beaucoup de bruit pour rien. Qu’en pensent-ils aujourd’hui ?

 

Mots-Clefs

Amplis/Préamplis
Lampes
Type d’article
Autres
Marques
Mesa/Boogie
Numéro
G&C 214

 

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