La prose de Judge Fredd
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Johnny Winter

Winter is back, still alive and well !

D 20 février 2010     H 16:02     A Judge Fredd    


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Non il ne s’agit pas de météo, mais bien du retour en meilleure forme du bluesman le plus blanc que la terre ait porté, Johnny Winter, guitariste désormais entré dans la légende dont on est heureux de saluer la renaissance, tel le phoenix (Firebird), après des années difficiles.

Bon allez le Judge va se répandre un peu, c’est très à la mode en ce moment, mais rassurez-vous je ne vais pas vous tirer la larme, on va rester digne ;-)

Alors voilà : quand le Judge avait 8/9 ans, il écoutait des 45 tours avec ses potes, deux ou trois pour être précis : On The Road Again/Goin’ Up The Country de Canned Heat, Black Night/Speed King de Deep Purple et ParanoÏd/Rat Salad de Black Sabbath. Vers 9 ans et demi, on lui avait donné un Best Of de Blues avec Sonny Boy Williamson, Muddy Waters, BB King etc. Et puis à dix ans, le Judge est devenu grand, il est rentré au collège, il écoutait Janis, les Stones et Creedence à la radio et il avait bien envie de s’acheter des 33 tours mais ça coutait cher : 25 F ! Alors quand il a appris que le grand frère d’un de ses potes de classe vendait quelques 33T, il est allé voir. Après avoir longuement hésité sur un album de Titanic, il s’est finalement décidé à mettre la main sur ce disque ou on voyait ce type de dos, avec ses jambes interminables et sa tignasse d’albinos. "J’peux écouter çui-là ?"

Jihnny Winter And Live

Et là, dès les premières mesures de l’intro de batterie de Good Morning Little School Girl par Bobby Caldwell, le Judge a pris l’une des plus mémorables claques de sa vie. Il est rentré chez lui, s’est cotisé avec son petit frère pour réunir les 14 francs nécessaires et est reparti aussi sec chercher la galette magique, qu’il a passée et repassée sur le tourne-disque maternel. A dix ans, le Judge avait trouvé LE dieu de la gratte et il s’appelait Johnny Winter ! Alors aujourd’hui, presque 40 ans après, j’avoue avoir été tout chose en préparant ces quelques questions, forcément trop peu nombreuses, trop nulles et trop plates par rapport au flot d’émotions, de plaisir que ce disque m’avait apporté et à l’influence que tout cela a eu sur mon modeste cheminement de guitariste. Bon, on ferme les vannes et bonne lecture !

Vous serez à Paris en Mars pour un concert à Bobino. Aimez-vous jouer en France ?

J’ai toujours aimé jouer un peu partout en France et c’est génial d’y revenir. La dernière fois que je suis venu c’était en 2004. J’ai constaté que les fans français étaient très réceptifs et réagissaient très positivement à ma musique. C’est quelque chose que j’ai vraiment apprécié et j’espère que ce sera de nouveau le cas.

En 88, vous êtes entré au Blues Hall Of Fame, voyez-vous cela comme l’accomplissement d’une carrière ou est-ce que vous ne trouvez pas ça si important que cela finalement ?

Non, je suis fier de toutes les récompenses qu’on m’a attribué et chacune est très spéciale pour moi. J’espère juste que je vais continuer à en recevoir...

Winter et les Firebird Inspired By ches Gibson

Gibson a lancé une Firebird « Inspired By » Johnny Winter, comment cela s’est-il décidé et, encore une fois, voyez-vous cela comme une forme de reconnaissance ?

Oui, elle s’est fait attendre, mais je suis très heureux de la façon dont tout cela s’est passé et de l’accueil qui a été réservé à cette guitare. Gibson a déclaré que c’était la guitare qui s’était vendue le plus vite dans toute l’histoire de la marque. J’ai joué dessus lors de la cérémonie de présentation au quartier général de Gibson où Slash et Larry Carlton sont montés sur scène pour jammer avec moi. Gibson a vraiment fait un superbe boulot de recréation, jusqu’au moindre détail.

Comment avez-vous acquis l’originale ?

La sunburst ? Je l’ai achetée en passant au magasin de musique d’un ami, c’est aussi simple que ça...

Je me trompe peut-être mais il me semble que vous jouez principalement sur le micro grave en slide, non ?

Non, j’utilise un peu des deux, avec une action assez haute. J’ai beaucoup de Firebird et quand le manche de l’une d’elle commence à s’arquer un peu trop, je la convertis en slide guitar.

Et vous jouez toujours sur vos Erlewine Lazer ?

Oui toujours. J’aime les Lazer parce qu’elles m’apportent le meilleur des deux mondes. Je peux avoir le son d’une Strat avec la « jouabilité » d’une Gibson dont j’ai besoin pour mon style de thumb picking (Winter joue avec un onglet au pouce NDR)

La Lazer est accordée un ton plus bas, pourquoi ?

J’ai commencé à faire ça parce que ça faisait sonner les guitares comme la guitare que j’avais vraiment envie d’entendre. Ca rajoute vraiment à la profondeur générale du son, et, avec ma pédale de Chorus Boss CE-2 en plus, j’obtiens le son bien épais que j’aime.

Et le Phase 90, out ?

Je suis passé du Phase 90 au CE-2 pendant ma période Muddy Waters (années 77 à 80 NDR). Cela rajoute un effet de doublage à mon son qui lui permet de bien traverser dans le mix.

J’ai aussi entendu parler d’un Tube Screamer sur les parties de slide...

J’utilise très rarement le Tube Screamer, en fait seulement lorsque je ne peux pas utiliser mes propres amplis (modifiés par Matt Wells NDR). Dans ce cas, du fait des HP montés en standard je dois rajouter un peu de distorsion. Mais actuellement, mes amplis me suivent partout où je vais.

Winter en 1990

Vous êtes fidèle à vos Music Man « One-Thirty » (HD-130), mais avec tous les amplis, boutique et autres qui sortent depuis quelques années, n’y en a-t-il pas d’autres qui aient attiré votre attention ?

Aucun.

Etes-vous toujours en contact avec Rick Derringer ? Jouez vous encore ensemble de temps en temps ?

Oui récemment nous avons fait pas mal de concerts ensemble, il m’a rejoint sur scène ainsi que mon frère Edgar. On a fait une série de concerts en Allemagne qui a vraiment bien marché.

Comment va votre santé ?

Je ne pourrais pas aller mieux ! J’ai abandonné mes anciens vices, et je réalise aujourd’hui à quel point ça a été une décision intelligente de le faire. Chaque aspect de ma vie s’en trouve amélioré. Merci à mon fantastique nouveau guitariste – et manager- Paul Nelson.

Le mot du sage, le conseil d’un guitariste légendaire aux débutants ?

Ecoutez et apprenez tout ce que vous pouvez, car il faut avoir tous les outils en main pour y arriver de nos jours.

 

Mots-Clefs

Type d’article
Interview
Musiciens/Groupes
Johnny Winter
Numéro
GX37

 

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