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b3 Metal Phoenix

Blazing, badass and beautiful

D 22 juin 2013     H 12:11     A Judge Fredd    


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Alors là je dis attention chef d’œuvre, guitare monstrueuse, tuerie absolue, instrument exceptionnel, j’en passe et des meilleures. Gene Baker a vraiment du génie.

b3 (le gars tient à la minuscule et c’est même b3 en vrai) ça veut dire "built by Baker". Gene Baker, vous avez déjà lu son nom si vous aimez Gibson et Fender car le bonhomme, qui entre parenthèses a commencé sa carrière de luthier à 11 ans (!), a été l’apprenti de Roger Giffin, Master Builder au West Custom Shop Gibson, puis est devenu lui-même un maître luthier du Custom Shop Fender à Corona. Il a ensuite volé de ses propres ailes créant Baker Guitars, et a rejoint la Premier Builders Guild (Fano, Toneking, Schroeder, D’Angelico, Two Rock etc.) avec ses b3. Un CV comme ça vous pose un bonhomme, mais je suis d’accord avec vous : jugeons plutôt sur pièce !

Hybride c’est mieux !

La Metal Phoenix est un hybride plus que réussi d’une Tele avec une Firebird et une Stratocaster. Je sais, dit comme ça, ça fait bizarre et c’est pourtant la vérité. Jugez plutôt : on a d’abord un manche traversant en acajou, exactement comme sur une Firebird auquel s’adjoignent deux ailes qui forment un corps de Tele générant ainsi le surplomb central propre à la Firebird sur un corps de Tele c’est vraiment magnifique. Le profil du manche est très gibsonnien, genre un bon vieux C, très agréable sous la main. Ce qui frappe instantanément, c’est le niveau de perfection atteint, que ce soit pour la lutherie elle-même avec une résonance qui laisse baba, pour le vernissage Faded Cherry exempt de tout défaut, l’assemblage d’une précision extrême, le polissage des frettes, le sillet en TusQ Graphtec, les mécaniques Tonepros Kluson, le vibrato Gotoh de type vintage, les strap locks Dunlop complets, et cerise sur cet extraordinaire gâteau, le Buzz Feiten System. Tout, absolument tout est extraordinaire avec cette Phoenix, même l’étui claque comme c’est pas permis.

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Photo Guitariste Mag

A peine remis du choc visuel, on subit le deuxième effet Kiss cool : le choc tactile. La guitare pèse juste le poids qu’il faut, ni trop lourde, ni trop légère, le manche tombe dans la main comme s’il avait été fait sur mesure, l’action est idéalement réglée, les tirés sont d’une facilité désarmante malgré le diapason long, l’accordage ne bouge pas même quand on se sert abondamment du vibrato et on a toujours cette sensation extraordinaire quant à la circulation des vibrations. C’est bluffant.

Dix sons sous les doigts

Côté électronique, on a une des combinaisons les plus intelligentes que j’aie vu depuis un moment : 3 mini humbuckers Lollar, routés comme les micros d’une Stratoscaster avec un sélecteur 5 positions. Mais attendez ! Ils se splittent !! La tonalité est push-pull et hop ! on a trois simples. Et non mais attendez !! Ils sonnent super bien en simple !!! Sur les positions intermédiaires ça sonne quasi Fender c’est hallucinant ! Et pis euh... Attendez !!! volume et tonalité sont super réactifs du coup on se retrouve à la tête d’une usine à sons que même un fan des mini humbuckers comme moi n’aurait pas soupçonnée.

De plus, les Lollar sont vraiment exceptionnels : tour à tour rauques et puissants, ronds et chauds, rutilants ou graillonneux, ils peuvent tout faire, c’est fabuleux. L’aigu a cette niaque bien reconnaissable mais la conjugue avec un grain très vintage qui relativise le côté un peu canard qu’on peut trouver parfois aux mini humbuckers. Juste à côté, le micro milieu est tout sauf un faire-valoir dont les sonorités correspondent vraiment à son positionnement, entre le grave et l’aigu, avec un peu plus de corps que l’aigu tout en restant bien tranchant. Il fait merveille sur les rythmiques qui mélangent jeu au médiator et jeu au doigts. Le grave enfin, fait bien le job avec ses sonorité très bluesy, beaucoup moins loose que celle d’un double traditionnel, onctueux et tight à la fois. Les positions intermédiaires, si elles sont moins bluffantes micros non splittés, sont elles aussi à la fois raffinées et efficaces. Et puis on splitte et, comme je l’ai déjà dit, on est vert, en mode jaw-droppin’. J’ai rarement entendu des doubles splittés sonner aussi bien. Loin de perdre en dynamique ils s’affinent mais restent puissants et charnus. Le micro milieu est encore une fois au top et les positions intermédiaires tuent leur mère à la mode Strat et donnent envie des revisiter ses Allman ou ses Doobie Bros.

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Extraordinaire !

Devant une telle débauche de qualités à tous les niveaux, on se dit que finalement, 2690 euros pour une guitare de luthier (et quel luthier) made in USA, originale, techniquement parfaite et équipée d’accessoires top niveau, ben c’est plus que raisonnable.

On peut entendre brièvement la Metal Phoenix dans la vidéo qui suit.


Autres infos
  • Super look
  • Super sons
  • Fabrication et finition top niveau
  • Circulation des vibrations
  • Plaisir du jeu
  • Électronique originale et très bien pensée
  • Accessoires haut de gamme
  • J’avais pas les sous
  • Prix indicatif : 2 690 €
  • Distribution : Guitars Addicts

Portfolio

 

Mots-Clefs

Instruments
Guitare électrique
Type d’article
Banc d’essai
Marques
b3
Numéro
GX57

 

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