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Mikael Springer Spartan

Springer m’a tuer !

D 21 juin 2015     H 19:06     A Judge Fredd    


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J’avoue que j’ai toujours été assez fan des guitares de Mikael, de son souci de l’assemblage parfait, de la finition irréprochable, mais avec la Spartan testée ici, il va encore plus loin et tutoie les sommets. Chapeau bas…

La Spartan reprend la forme habituelle des guitares Springer, celle de la Seraph. Son corps présente une face avant plane. Il est, tout comme le manche, en cedro (spanish cedar), un bois bien connu des luthiers classiques, léger et sonore. Le manche, plutôt rond, va s’amincissant en allant vers les aigus. La jonction corps/manche se fait à la 16e case, ce qui assure un accès très facile aux cases aigues d’autant qu’elle est adoucie, arrondie, afin de ne pas heurter la main. Une découpe stomacale, à l’arrière, augmente encore la sensation de confort, et on note aussi une volute de renfort juste sous le sillet. La touche, en palissandre indien reçoit des repères dot Mother of Pearl. Le tout est habillé d’une finition TV Yellow, reliquée de manière très naturelle, sans outrance, avec un très joli faïençage par endroits. Ca respire le bon goût, loin de ces relicages incohérents qu’on voit parfois, même sur des guitares assez chères.

L’accastillage ne dénote pas, il est lui aussi simple, efficace et bien vu : un chevalet de type wraparound signé ABM, avec une moulure qui permet d’avoir une meilleure intonation qu’avec un wrap simple et de l’autre côté six mécaniques Kluson.

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Spartiate ? Vraiment ?

A la prise en main, on retrouve immédiatement et même à vide toutes les bonnes vibrations qu’on avait imaginées en la détaillant, cette guitare tient à la fois de la formule 1 pour son potentiel et ses performances, et du petit animal de compagnie pour son confort et la complicité qu’elle entretient avec celui qui la joue (non, non, j’ai rien fumé ;-). Les sensations se rapprochent de celles que l’on ressent sur une bonne guitare vintage. Elle est très sonore, avec un bon sustain, de beaux aigus et une profondeur de son qui donne envie de la jouer même sans ampli.

Pour la mise en voix, Mikael s’est adressé à son fabricant boutique favori, Häussel, et a choisi très logiquement un P90 qu’il a routé via un volume et un tone « push-pull » qui se tire pour coil taper le micro c’est-à-dire éliminer une partie de son bobinage pour un rendu légèrement plus fin, très intéressant et très exploitable.

Avec le P90 entier, les sons clairs sont pleins, on a de beaux graves, ronds et toniques, une jolie brillance, et un grain très beau, le volume est super efficace et on note qu’il donne un petit coup de boost dans sa dernière graduation. Du coup, c’est génial parce qu’on peut très vite descendre son volume sur très peu de course du potentiomètre. La tonalité, par contre, n’est pas utilisable sur toute la longueur de sa course même si on peut déjà beaucoup s’amuser avec et cela vient probablement de la difficulté qu’il ya à trouver des potentiomètres push-pull assez linéaires. En son crunch, on retrouve le petit plus du volume en fin de course et du coup on passe très facilement de crunch à clair et inversement ce qui autorise toute une palette de nuances, surtout si l’on alterne jeu aux doigts et au médiator. Le son est très précis, brillant avec une belle chaleur, un grain superbe et une profondeur qui ne se dément jamais. En son saturé, on tape aisément dans le boogie texan mais j’ai aussi assez facilement obtenu de gros crunchs poussés à la King’s X et ce, vraiment sans forcer. Là encore, brillance, profondeur et grain sont au rendez-vous, il y a de la matière, on a vraiment l’impression de tailler dans le son. Le Judge s’est découvert une âme de sculpteur dis donc ! Là aussi, le volume permet des variations infinies, la guitare restant extrêmement réactive aux variations de volume et de jeu même avec de forts taux de saturax.

Le coil tap est extrêmement intéressant en cela qu’il donne au son un côté un peu moins corpulent, se rapprochant ainsi des simples fendériens les plus velus, mais en plus rauque et avec plus de niaque. On reste sur des sons de P90, mais plus éthérés, enfin c’est difficile à décrire, mais une chose est sûre, ça multiplie encore les possibilités sonores déjà énormes de cette guitare.

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Ahou, ahou, ahou !

Vous l’avez déjà compris mais je vais vous mettre les points sur les i, cette Spartan est clairement une guitare au dessus du lot, avec un côté roots très affirmé. Elle possède ce plus que d’aucuns appelleront le mojo, d’autres une âme, bref une personnalité propre. Je le subodorais depuis un moment, il est maintenant clair que Springer a franchi un cap supplémentaire, qui ne s’explique pas seulement par une excellence technique. Il insuffle désormais quelque chose de plus aux instruments qu’il réalise. Alors, comment ? Le prix qu’elle coûte ? Mais elle devrait valoir deux fois plus cher malheureux ! Et sachez enfin que les Spartan démarrent à partir de 2 100 €.

Merci à Guitars Addicts pour le prêt de cette Spartan

 


Autres infos
  • Sonorités magiques
  • Confort de jeu
  • Relicage de bon goût
  • Légère
  • Coil Tap
  • Pour chipoter la course du Tone
  • Prix indicatif : 2 600 €
  • Distribution : Springer Guitars

Portfolio

 

Mots-Clefs

Instruments
Guitare électrique
Type d’article
Avec vidéo Banc d’essai
Marques
Springer Guitars
Numéro
GX69

 

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