La prose de Judge Fredd
Vous êtes ici : Accueil » Bancs d’essais » Préamps/Préamps-Multifx » Les 3 mousquetaires

Two Notes Le Clean, Le Crunch et Le Lead

Les 3 mousquetaires

D 23 avril 2016     H 11:03     A Judge Fredd    


agrandir

Après avoir émulé avec brio les enceintes et les amplis de puissance, après avoir proposé diverses solutions pour le live comme pour le studio, il était inéluctable que Two Notes s’attaque un jour à la préamplification et y mette sa touche personnelle.

Au déballage, on se retrouve avec trois boîtiers en fonte d’aluminium, assez imposants mais qui restent tout de même de dimensions raisonnables car, ne l’oublions pas, il s’agit ici de préamplis complets et non de simples pédales de disto. A première vue c’est solide et bien fini, stable et léger à la fois.

Du sérieux

Commençons par lister leurs caractéristiques communes : d’abord ils ne fonctionnent qu’avec une alim externe 12VDC de 500mA (fournie), ensuite il présentent tous deux canaux avec, à gauche, sur fond clair, un canal A qui est à chaque fois le canal le plus clair, comprenant les réglages Gain, Volume, Bass et Trebble. A droite, sur fond noir, un canal B qui, pour schématiser, est le canal qui va saturer le plus, avec six potards : Gain, Volume, Sweep, qui fonctionne de concert avec le réglage de Mids à la manière d’une égalisation paramétrique, Bass et Trebble. Au milieu, on trouve un switch blanc Cold/Hot et un potentiomètre Fusion. Késaco ? Il faut savoir que si vous pressez en même temps les deux footswitches de la pédale vous passez en mode Fusion, c’est-à-dire que les deux canaux fonctionnent de concert. Le switch blanc vous donne les choix entre fusion chaude, bouton enfoncé, dans lequel les deux canaux sont en série, le A boostant le B le potard dosant le niveau de A injecté dans B ; ou bien alors fusion froide, bouton relevé, les deux canaux fonctionnent en parallèle et le potentiomètre permet d’ajuster le taux de canal A que vous voulez avoir dans le son final.

JPEG - 173.2 ko

Juste en dessous, un regard vitré, qui s’éclaire de diverses couleurs suivant le canal ou le mode fusion sélectionné, permet d’apercevoir la 12AX7 un des cœurs du système et encore un peu plus bas se trouvent les deux footswitches, assez doux, et qui semblent prêts à se prendre des coups de pompes dans la face sans broncher, chacun étant accompagné de sa LED témoin.
La connectique, vraiment très complète, comporte, à droite, un In, une sortie Thru pour attaquer un ampli ou une simulation en parallèle du preamp, un Send départ de boucle dont on peut aussi se servir comme sortie auxiliaire, la sortie casque, et une prise MIDI In. De l’autre côté, on a la prise d’alim, un switch de simulation de HP, une DI Out au format XLR, avec son switch Ground Lift et un MIDI Out puisqu’on peut se servir du Two Notes pour commander d’autres appareils MIDI et notamment on peut chaîner plusieurs preamps Two Notes et les faire fonctionner en équipe, comme si on avait un ampli multicanaux avec deux ou trois preamps. On termine avec le Return de la boucle et la sortie audio au format jack.

La sortie casque est bien pour pratiquer, le Cab Sim est suffisant pour donner une illusion de son naturel mais ne vous attendez pas à retrouver le Wall Of Sound maison d’un coup de switch. Par contre ça permettra de jouer à 3 du mat’ sans déranger personne et même de poser des idées sur un enregistreur lors d’un déplacement par exemple. On le voit, les preamplis de cette série ont été pensés pour répondre potentiellement à tous les besoins, home practice, home studio, studio, live en clubs voire plus. Ils visent aussi à séduire aussi bien les tenants d’un pedalboard classique que les MIDI geeks. Enfin ils s’insèrent très logiquement dans la gamme existante de Two Notes se mariant aussi bien avec Le Cab ou le Torpedo Live qu’avec les simulations du Wall Of Sound. 

JPEG - 127.2 ko

Le Clean

Commençons par Le Clean à la belle couleur argentée. Autant le dire tout de suite, ici on adopte la philosophie Fender, avec un canal B qui va cruncher plus vite, avec des attaques plus soft que le A. Ce dernier reste clair pendant un moment, mais va, au fur et à mesure, cruncher de manière un poil trop clinique, à la limite du clip. C’est un peu raide et on sent qu’il est plus à l’aise sur les cleans stricto sensu. A noter que lorsque l’un des deux (volume ou gain) est au trois quarts mieux vaut maintenir l’autre dans les deux premier tiers de sa course, sinon quand ils sont tous les deux trop poussés ça clipe pour de bon. Même chose pour les graves qui restent beaux et droits assez longtemps mais finissent pas lâcher si on les pousse trop. Sur le canal B, avec volume aux trois-quart et gain au quart on est là aussi dans du clean crunch, beaucoup plus facile à maîtriser d’emblée. On regrette juste sur l’égalisation côté B, des graves servis un peu à la louche mais il suffit de les baisser. Le mode fusion froide est très intéressant sur ce preamp notamment avec une strat parce que le canal A ramène la niaque que le canal B n’a pas tout à fait, étant plus smooth. Et on peut aussi inverser en amenant le B à épauler le A pour des sons clairs avec une dose de crunch en arrière-plan, c’est vraiment pas mal surtout avec des simples bobinages. Le mode fusion chaude ne m’a pas ici convaincu à moins de rester dans des limites très basses sur le volume du canal A.

JPEG - 138.3 ko

Le Crunch

Bon c’est clairement le préamp que j’ai préféré, d’abord parce que c’est celui des trois qui correspond le plus à mes goûts personnels, ensuite parce que c’est sans conteste le plus tout-terrain du lot. Et pis il est doré ;-) Le canal A produit des sons clean moins brillants que sur Le Clean et crunche de manière naturelle sans cliper à moins de jouer « à la gauloise partoutàdix ». Ici encore, le B est plus flatteur avec des sons crunch très agréables à faible niveau de gain. Ca reste très crédible jusqu’à disons deux-tiers du gain, ensuite quand la saturation devient vraiment très présente, on entend quelques abeilles. Ce n’est pas l’essaim mais ça pèse sur la gestion de l’égalisation si on sort sur un ampli ou une table, ainsi que sur le choix de la simulation si on utilise le Wall Of Sound. On retrouve donc assez facilement des sons blues crunch, des sons à la AC/DC ou des saturations plus grosses façon Slash voire Kerry King en poussant bien, même si il est parfois nécessaire de réchauffer un peu tout ça avec par exemple un ampli de puissance à lampes. Le mode fusion chaude est plus intéressant ici parce qu’il permet vraiment de booster le canal B et, en fusion froide, les meilleurs résultats sont obtenus avec le canal B épaulant le A plutôt que le contraire, donc plutôt avec des sons clairs ou limite crunch et du bon crunch en arrière-plan.

JPEG - 145.2 ko

 Le Lead

Comme son nom l’indique c’est celui des trois qui bourrine le plus, celui qui délivre les plus grosses saturations, avec un caractère très Recto qui séduira sans problème les plus metalleux d’entre nous. Les fréquences sont centrées comme il faut et permettront de se débrouiller dans à peu près toutes les situations. Le canal A seul pourra servir pour les sons clairs façon ballades hard ou passages calmes avant la tempête à la Deftones par exemple. Il sait cruncher mais plutôt moderne que vintage. Canal B, j’ai bien aimé avec le gain au quart et le volume au-dessus des deux-tiers où l’on obtient des sons hard 80 un peu à la Van Halen. Ensuite, plus on va monter plus on va puiser dans les énormes réserves de gain et grâce au Sweep sur les mids varier énormément les saturations, c’est assez dantesque. Le mode fusion chaude sur cette pédale a un intérêt relativement limité vu le potentiel graoûhatoire de l’engin, comme dirait l’ami Maxwell : « Cenépalapein’ d’enrajouter ! ». La fusion froide en dosant bien (pas comme le Monsieur Plus de Bahlsen) a son intérêt car elle peut ramener de l’attaque et du tranchant si vos micros se couchent un peu sous la masse du gain du canal B. Faudra un peu d’habitude quand même. A la finale, Le Lead fait le job et les metalleux de toutes obédiences devraient y trouver leur compte.

Signalons encore que, comme les trois mousquetaires, ces trois préamplis sont en fait quatre puisqu’un Le Bass existe aussi. Two Notes signe une ligne de preamplis aux fonctionnalités complètes et bien pensées, fidèles à la signature sonore des marques dont ils s’inspirent ainsi qu’à la philosophie maison, avec des modes Fusion intéressants bien que pas toujours faciles à appréhender. Plutôt bien placés question prix, ils devraient rencontrer un succès certain.

Voir l’interview de Guillaume Pille réalisée quelques mois avant la sortie des preamps Two Notes

 

 


Autres infos
  • Look
  • Connectique
  • 12AX7 inside
  • WOS fourni avec 16 enceintes
  • Prix mesuré
  • Enormes possibilités mais pas toutes exploitables selon les situations
  • Prix indicatif : 315 € l’un
  • Distribution : Filling Distribution

Portfolio

 

Mots-Clefs

Amplis/Préamplis
Lampes Préampli
Type d’article
Avec vidéo Banc d’essai
Marques
Two Notes
Numéro
GX74
Type d’effet
Pédale

 

Plus sur le web


Rechercher

5 articles au hasard

1.  Alors ce salon ?

2.  Le NAMM ? Certains l’aiment show !

3.  Le killer de tuerie de la mort !

4.  Phasing

5.  De la relativité de ce que nous percevons


Dans la même rubrique

23/06/2016 – Les trois frères

23/04/2016 – Les 3 mousquetaires

20/10/2008 – L’anti prise de ouch

20/12/2007 – Nées pour faire du dégât !

20/12/2007 – Vox in a box