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Springer Guitars Seraph « The Burst »

Orvilienne

D 22 juin 2016     H 10:15     A Judge Fredd    


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Mikael Springer nous a habitués aux différentes déclinaisons de sa Seraph, toutes plus réussies les unes que les autres. Mais il faut bien avouer que cette « The Burst » arrive à mettre la barre encore un peu plus haut.

Vous commencez à bien connaître la Seraph, un corps single cutaway qui se prête à toutes les interprétations. Cette fois-ci, on louche clairement vers la Les Paul et ses millésimes des années 57/58/59. On va donc retrouver la même architecture, manche collé, table sculptée en érable du Michigan mais, comme c’est maintenant l’habitude chez Springer Guitars, l’acajou a été remplacé par du cedro (spanish cedar) pour le corps, comme pour le manche. Cela paraît surprenant tant qu’on n’en a pas eu une entre les mains, car je peux vous assurer que les qualités de légèreté, d’ouverture du son et de sustain de ce bois sont extraordinaires.

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Fidélité

Le profil de manche est bien dans l’esprit, façon fat C, tout en restant confortable à jouer, d’autant qu’un chanfrein, un creux, a été ajouté sur le talon du manche pour aider le pouce à se positionner. La touche, en palissandre indien, ceinte du même binding que le corps, reçoit vingt-deux frettes jumbo, des repères Springer crowns en nacre reprenant la forme en « S » de la tête et du corps, et se termine au pied d’un sillet en os brut. La guitare adopte un diapason intermédiaire de 25 pouces soit 635 mm. Pour mémoire, le diapason Gibson, dit court, est de 625mm (24,75 pouces) tandis que le Fender, dit long, est de 648 mm (25,5 pouces). Le diapason, adopté ici combine la souplesse de jeu du court et la puissance et la résonance du long.

Intéressons-nous maintenant à la superbe finition particulièrement réussie de cette The Burst : on a tout d’abord un tobacco burst aux couleurs volontairement passées à l’avant et une couleur rappelant l’acajou teinté à l’arrière et au dos du manche. Le tout est recouvert d’un vernis nitro dit « distressed avec weather checking ». Qu’est-ce à dire ? La teinte sous le vernis imite ce qui se passe lorsqu’une guitare a subi de gros changements de climat. Le vernis se faïence, des craquelures apparaissent donnant à l’instrument une belle patine. C’est exactement ce que Mikaël a reproduit sur cette Seraph avec une grande maestria. Résultat, on a en main une guitare neuve qui procure les mêmes sensations que si elle avait des années de vécu mais sans le côté parfois un peu too much du strict relicage. C’est un des points forts de cet instrument et cela participe au plaisir qu’on a à le prendre en main. Notons encore le placage de tête, en érable, laqué noir. L’accastillage, se compose de six mécaniques Kluson Deluxe Double Line, vieillies, de même que le capuchon du sélecteur trois positions, et d’un couple Stop Bar/Tune O Matic en alu Gotoh de type ABR-1, vieillis eux aussi. On trouve enfin un pickguard crème un pli et des attaches bandoulière assez larges. 

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Sonorité

A vide, la guitare sonne déjà de façon très prometteuse, alliant puissance et clarté des attaques, corpulence et précision du son, ainsi qu’une résonance et un sustain de folie. Le son unplugged est brillant, charpenté, bref cette Seraph n’aurait à la limite même pas besoin d’être branchée pour vous faire fondre. L’action est top, le manche se love dans la main. Le confort est au rendez-vous, les tirés s’enchaînent sans fatigue, et on est frappé par la légèreté de l’instrument. Songez 3,500 kg pour une guitare qui, au centre de son corps présente tout de même une épaisseur de 6cm ! Merci le cedro…

Les micros sont, comme souvent avec Springer, des Häussel, fabricant allemand de micros artisanaux, ici deux doubles 1959 recouverts d’un capot lui aussi vieilli, le tout câblé à la manière des années 50 avec les caps PIO, et routé via deux volumes et deux tonalités. On branche et… ô joie, on retrouve toutes les qualités de la gratte à vide transcendées par l’électronique. Les deux Häussel sont parfaits, reprenant toutes les qualités de texture et d’épaisseur des PAF, tout en y rajoutant une précision dans les attaques, surtout sur le micro grave qui ne bave absolument pas. Le grain est superbe que ce soit en son clair, où la netteté des attaques fait merveille, ou en crunch où l’on rajoute de l’agressivité sur l’aigu et de la rugosité sur le grave. En gros saturax, on bénéficie à plein de la précision de la lutherie et des micros, quel que soit le niveau de graoûh, quand on plaque un accord, on ne perd jamais de vue chaque corde, chacune des notes qui le composent. Brouillon est un mot que Springer et Häussel ont rayé de leur vocabulaire pour notre plus grand plaisir. Bref, ça sonne authentique, avec le petit plus juste là où il faut, permettant à la guitare de bien figurer dans tous les styles dans lesquels excellent les guitares vintage dont elle s’inspire.

Bourrée de qualités

Cette Seraph “The Burst” est un pur régal pour les mains, les yeux et les oreilles. Encore une fois Mikaël Springer fait très, très fort. Si on ajoute qu’elle est livrée dans un étui Hiscox-Springer, ben il ne reste plus qu’à économiser… Parce que, oui, 5200 euros c’est une somme, mais cette guitare est une bombe !


Autres infos
  • Lutherie exceptionnelle
  • Vieillissement superbe et de bon goût
  • Sustain et sonorités
  • Efficacité des réglages
  • Etui Hiscox-Springer
  • Mon banquier
  • Prix indicatif : 5 200 €
  • Distribution : Springer Guitars

Portfolio

 

Mots-Clefs

Instruments
Guitare électrique
Type d’article
Avec vidéo Banc d’essai
Marques
Springer Guitars
Numéro
GX75

 

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