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Bluguitar Amp1

Le changement c’est maintenant

D 25 août 2016     H 11:25     A Judge Fredd    


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Fatigué de trimballer des amplis qui pèsent un âne mort ? Besoin d’un appareil puissant, logeable et polyvalent ? A la recherche d’un ampli tout-terrain ? L’Amp1 BluGuitar pourrait bien être votre « homme ».

Songez : un appareil de 25cm sur 20 qui culmine à 6 cm de haut, avec deux canaux, un clair et un dédié aux saturations qui peut fonctionner selon trois modes (Vintage, Classic et Modern), une reverb, une boucle d’effet, une section de puissance délivrant 100W en Class D etc. Sceptiques ? Pour tout vous avouer, je l’étais aussi, tout comme la majorité des gratteux qui m’entouraient quand Thomas Blug a commencé sa démo à la Messe de Francfort 2014, démo qui a largement bluffé tous les spectateurs présents. Depuis, on attendait que quelqu’un l’importe en France pour pouvoir l’essayer et l’observer plus longuement, ce qu’a fait Guitar Rebellion.

L’Amp1 a donc été conçu par Thomas Blug, excellent guitariste, et on sent la patte du musicien. Tout est fait pour nous faciliter la vie. Ses dimensions et son poids plume lui permettent de se glisser dans la poche de votre housse et de prendre le métro avec votre gratte et… votre ampli 100W, les mains dans les poches. Il est bien entendu légèrement incliné pour arriver tout naturellement sous votre pied, et, last but not least, sa base est creusée au milieu pour laisser place à une poignée au cas où vous décidiez de poser l’Amp1 sur un baffle. L’une des curiosités de l’engin c’est son Nanotube, des lampes beaucoup plus fines et plus résistantes que nos lampes de preamp habituelles qui furent développées par les Russes pour fonctionner dans des conditions extrêmes. Elles durent plus longtemps et sont plus fiables que les lampes habituelles. Celle qui est ici embarquée, pilote et réchauffe le rendu de la section puissance Class D dont elle fait partie.

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Bien pourvu

La face supérieure aligne une rangée de sept potards : volume du canal clair, gain et master du canal Overdrive, égalisation trois bandes active et reverb. Au-dessus de ces potentiomètres, on trouve un sélecteur trois positions pour choisir le mode du canal Overdrive, le regard qui nous laisse entrevoir le Nanotube et le master volume. A l’arrière, on a d’abord un petit ventilateur pour la circulation de l’air avec un 1 en son centre, l’embase secteur, l’inter de mise en marche, une prise pour un contrôleur MIDI, deux sorties HP, 8 et 16 ohms, une sortie Rec pour enregistrer avec une simulation de HP interne, de type baffle Marshall, qui peut aussi servir de sortie casque pour jouer peinard à la maison, d’autant que l’Amp1 accepte de fonctionner sans baffle branché. Return et Send de la boucle d’effet et entrée instrument complètent l’arrière de l’engin. Détail sympathique et pratique, la sérigraphie accompagnant toutes ces connexions est doublée, une fois à l’arrière, une autre sur le dessus de l’engin. Pratique.

Sur le côté, on a des mini potards qui vont permettre d’équilibrer les niveaux des canaux et des modes à votre goût. On commence par un switch trois positions pour le noise gate : Soft, le noise gate est léger, Off, il n’y en a pas, et Metal il sera plus efficace, considérant que vous jouez avec de gros sons saturés susceptibles de générer plus de bruit de fond. Vous pouvez ensuite choisir le fonctionnement de la boucle d’effets, série ou parallèle. On peut encore ajuster le volume du canal clair, le volume et le tone du canal 2 en mode Classic et la même chose pour le mode Modern. La position Vintage elle n’a pas de potard d’ajustement. Enfin, on trouve aussi le réglage de niveau du boost. Dernier ajustement, situé sous l’appareil, le choix du niveau de sortie, Line ou Instrument, pour s’adapter aux différents usages possible de l’Amp1.

Parlons maintenant des trois footswiches : en mode manuel, genre « j’allume et je joue », le premier bascule d’un canal à l’autre, le second enclenche le boost et le troisième, la reverb. Si, au moment où vous allumez l’ampli, vous pressez longuement sur le switch de la reverb vous passez en mode preset et là, vous avez accès à trois presets que vous aurez auparavant enregistrés. Cela permet, si vous le désirez, d’avoir un clair, un crunch et un saturé ou alors un crunch, un saturé et un saturé boosté ou autre choix, bref , « it’s up to you » comme on dit. Seule l’égalisation n’est pas sauvegardée et reste manuelle quoi qu’il arrive. Enfin si vous décidez d’employer un pédalier MIDI vous pouvez appeler jusqu’à 12 presets.

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Bardé de sons

Alors on branche et, on a beau l’avoir déjà éprouvé, on est encore une fois bluffé par la puissance de l’engin. Comment un si petit truc est capable d’envoyer comme ça ? Tout l’essai s’est passé sur un 2x12 équipé d’un Vintage 30 et d’un Greenback. Le son clair est très transparent, très fidèle à l’instrument, sans être plat pour autant. On retrouve sa guitare, telle qu’en elle-même, l’ampli est vivant et réagit aux sollicitations de jeu ou de volume. La reverb habille bien le tout jusqu’à 4 environ après... c’est un poil too much, comme souvent avec les reverbs embarquées. Le son reste clair même en montant pas mal le volume. Le canal idéal pour jouer du Police ou Dire Straits.
Le mode vintage donne des crunchs modernes, avec pas mal d’attaque et nécessite un travail sur les aigus surtout avec des simples. Une fois l’égalisation bien dosée, tout va bien et on se fait plaisir dans un registre « on the edge ». Le mode Classic est super flatteur avec des humbuckers mais s’en tire aussi très bien avec des simples. L’égalisation est plus facile à gérer car on dispose aussi du Tone sur le côté et les aigus sont de toute façon plus smooth, vu que ce mode compresse plus que le précédent. En doubles, on va d’AC/DC au saturax des années 80. En simples, pensez Lynyrd ou King’s X. Mon mode préféré pour ce canal 2. Dans le mode Modern, les basses sont un peu plus corpulentes, le taux de saturation est plus important et on pense rapidement au prog façon Petrucci ou au shred à la Satch. Ca sonne bien, ça reste très articulé, et le taux de Drive vous emmène au pays du super graoûh. Le Boost peut donner un gros coup de pied au derrière, mais d’une manière générale, mieux vaudra l’enclencher ou le désenclencher pendant un silence car quand on le switche sur une note tenue on a une saute dans le son, un court mais audible moment de blanc.

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Bourré d’atouts

Très pratique, très puissant, tout-terrain, léger, bien fabriqué, l’Amp1 est un très bel appareil qui séduira les guitaristes au jeu précis. S’il ne sonne pas tout à fait comme une tête à lampes il en est très proche, délivrant des sons de guitare ultracrédibles et réagissant aux modulations de jeu et de volume comme le ferait un ampli à lampes. Si l’on considère ensuite ses énormes avantages en termes pratiques (poids plume, facilité de déplacement, puissance), la multiplicité de ses usages (practice amp au casque, enregistrement, gigs sur baffle, gigs sur sono), la gamme de produits qui l’entourent (pédalier MIDI, baffles, boîtier de simulation de HP, extension de boucle, câbles etc.), et son prix pas si élevé que ça pour les services rendus, on est bel et bien en présence d’un ampli qui a tous les atouts pour devenir un best-seller demain voire le précurseur d’une nouvelle tendance dans l’amplification.


Autres infos
  • 100W poids plume
  • 100% analogique
  • Polyvalent
  • Au cœur d’un ensemble de produits
  • J’aurais préféré deux sorties HP avec un sélecteur d’impédance.
  • Prix indicatif : 640 €
  • Distribution : Guitars Rebellion

Portfolio

 

Mots-Clefs

Amplis/Préamplis
100 W Hybride
Type d’article
Banc d’essai
Musiciens/Groupes
Thomas Blug
Marques
Bluguitar
Numéro
GX76
Type d’effet
Pédale

 

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