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Gibson Flyin V 2016 T et HP

En 2016 on a plusieurs V

D 21 avril 2016     H 23:55     A Judge Fredd    


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Aujourd’hui on s’occupe de deux fausses jumelles, deux V qui ont beaucoup en commun et sont pourtant dotés de personnalités très différentes.

En 2016, Gibson ajoute deux V à son catalogue la 2016 T (pour Traditional) et la 2016 HP (pour Hi Perf). Vous l’aurez compris la première est censée s’adresser aux aficionados de la V, ceux qui veulent rester fidèles aux canons de l’originale ou du moins aux V de la grande époque, tandis que la HP veut, elle, séduire les plus virtuoses d’entre nous, ceux pour qui, la performance prime sur la tradition.

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V ma V tout pareil ?

Les deux guitares partagent beaucoup de choses, leur forme tout d’abord, leur coloris Wine Red ensuite, l’absence de tout pickguard ce qui est une bonne chose de mon point vue, leur structure corps et manche collé en acajou, le binding crème autour du corps et la touche en palissandre, 22 cases… Bref, de face, les différences se jouent sur quelques points de détail : les têtes de mécaniques en plastique sur la T (Kluson), métalliques sur la HP (G-Force), les boutons de potards, Top Hat sur la T et Speed Knob crantés sur la HP. En outre, la HP adopte le fameux sillet métallique à hauteur réglable des séries 2015. J’en vois déjà qui hurlent à la mort, arguant que les séries 2015 étaient trop en rupture avec la tradition Gibson. Ben justement ! Gibson a rectifié le tir de ce point de vue : là où les séries 2015 imposaient à tous des innovations dont ils ne voulaient peut-être pas, les séries 2016 offrent les deux. Vous en tenez pour la tradition, achetez la T, vous êtes friands d’optimisation, la HP vous conviendra.

Mais reprenons l’examen de nos V : dès qu’on les retourne, les différences sont nettement plus marquées. Côté T, rien n’a changé, les habitués retrouveront leurs petits. Sur la HP, en revanche, on remarque, bien sûr, le système d’accordage automatique G-Force et, ce qui m’a personnellement le plus emballé, la jonction corps/manche entièrement retravaillée de telle manière que la main gauche se régale dans le jeu en aigu : aucune gêne, aucune arête, rien ne vient ternir le confort de jeu, pas même l’attache de sangle qui a migré un poil au dessus du chanfrein spécifique à la HP. Côté vernis, au dos, on a quelque chose de plus doux que sur la T, de satiné, très agréable sous la main. La T a aussi un vernis plus doux à l’arrière qu’à l’avant mais dans une moindre mesure, en tout cas à l’arrière du manche. Comme toutes les V, nos deux bestiaux sont pénibles à jouer en position assise. Par contre, elles ne sont pas très lourdes et se montrent donc agréables à jouer debout. La T est la plus légère, elle est confortable à jouer, mais son manche devient un peu fatigant au bout d’un moment. La HP pèse un peu plus lourd, son manche est lui aussi large, avec un dos qui semble un peu plat, favorisant le jeu rapide avec position académique.

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Le son de V

La mise en voix est assurée de la même façon sur les deux guitares : deux doubles, un Classic 57 en grave et un Burstbucker 3 en aigu, avec un split sur chaque micro, ce qui donne potentiellement quatre configs différentes (2 doubles, 2 simples, double en aigu, simple en grave ou le contraire).
Sur la T, ces micros, bien que pensés pour donner leur meilleurs résultats sur les sons saturés, se comportent très bien en son clair, surtout quand ils sont splittés. La guitare est agréable, répond bien et donne ce qu’on attend d’une V : du graoûh ! Malgré tout, le son montre parfois un côté un poil brouillon, même sur l’aigu, lorsqu’on aborde des sons très saturés. La HP se montre plus précise, plus chirurgicale : les attaques sont plus nettes, dans le jeu en accords, on entend mieux chaque corde, les aigus sonnent plus clairs, on évite le côté brouillon sur les grosses saturations, ce qui ouvre la porte au metal le plus extrême. En mode splitté, la différence est là aussi, flagrante surtout sur les sons crunchs qui marient mieux attaque et grain. Le micro grave est beaucoup plus précis, un vrai plaisir sur les sons de type power blues.
Si ce sont bien les mêmes micros, c’est donc la lutherie et le sillet métallique de la HP qui font la différence. De plus l’accord tient mieux sur la HP. Sur les deux guitares les cordes résonnent derrière le sillet, les plus maniaques d’entre nous mettront donc un string damper afin d’éviter tout bruit parasite. Les volumes sont bien progressifs et permettent de revenir à un son clair depuis un crunch et un crunch depuis un saturax, les simples en crunch c’est beau comme tout, particulièrement sur la HP qui m’a fait triper King’s X grave !

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Verdict

La T est livrée dans une housse tandis que la HP bénéficie d’un étui dur et s’accompagne d’un chargeur international pour la batterie, de toutes les clefs de réglages, une photo de la guitare sur établi prouvant qu’elle est bien passée au réglage, un certificat d’authenticité, j’en profite pour signaler que ce serait pas mal de décrire le processus de chargement de la batterie du G Force sur le petit mode d’emploi qui accompagne l’instrument.
On saura gré à Gibson d’avoir à la fois satisfait les tenants de la tradition qui ne voulaient pas qu’on touche trop aux modèles iconiques de la marque, avec la T et ceux, plus « réformistes », prêt à adopter des évolutions par ailleurs bien mieux maîtrisées sur ce millésime que sur le précédent. Personnellement et contrairement à ce que j’aurais pensé, j’ai nettement préféré la HP.


Autres infos
  • Look
  • Finitions (surtout sur la HP)
  • Son très défini et puissant sur la HP
  • Confort de jeu
  • Innovations maîtrisées et efficaces (HP)
  • Son un poil brouillon sur la T
  • Prix indicatif :
    • T : 1 299 €
    • HP : 1 599 €
  • Distribution : Gibson Europe

Portfolio

 

Mots-Clefs

Instruments
Guitare électrique
Type d’article
Avec vidéo Banc d’essai
Marques
Gibson
Numéro
GX74

 

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