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Christophe Godin/Gnô

Cannibal combo

D 24 juin 2011     H 20:57     A Judge Fredd    


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Le mini salon Vigier de mai 2011 fut l’occasion d’apprécier Gnô, trio impressionnant de patate et de virtuosité, en live, avec en bonus une jam impressionnante : Silvert, De Groote, Mulot et Rondat comme invités, on a déjà vu pire, non ?

Gnô, dont le deuxième album, Cannibal Tango, vient de sortir, se situe au carrefour de pas mal d’influences qui ont toutes en commun une grosse énergie, des compos qui tiennent la route, une qualité de jeu au dessus de la moyenne et une forte identité de groupe. Gnô ce n’est pas juste Christophe Godin, c’est un vrai groupe dont les deux autres membres Julien « Peter Puke », batterie/chant et Gaby Vegh, basse/chant sont largement à la hauteur du virtuose d’Annecy.

Cannibal Tango

Un album en 2001, Thrash Deluxe et puis plus rien jusqu’en 2010, quelques concerts et l’enregistrement de Cannibal Tango. Pourquoi ?

Le premier album a été enregistré chez Janvier Records et au moment où l’album est sorti et où la promo aurait du commencer, le label s’est cassé la figure, donc on s’est retrouvé avec un album peu distribué, peu de concerts... Je dois avouer que ça nous a un peu miné sur le moment et chacun est reparti de son côté sur ses projets perso, moi j’avais Mörglbl et Metal Kartoon, les deux autres avaient leur propres trucs et sans se perdre de vue et tout en restant potes, on n’a pas vraiment splitté mais on n’avait plus assez la gniaque quoi... Et puis il y a un an et demi, on s’est dit que c’était dommage, on avait déjà quelques titres composés en vue du deuxième album, on a retrouvé une structure et on a coproduit l’album avec un pote. Ensuite on a signé sur le même label que Mörglbl, on avait aussi un peu plus de bouteille et il nous a semblé que c’était le bon moment pour remettre le couvert.

Tu as mentionné des titres de Cannibal Tango composés à l’époque du premier album, est-ce ce qui explique une certaine continuité entre les deux albums même à presque dix ans d’intervalle ?

Ça joue mais il y a autre chose c’est que tout le monde compose dans Gnô, mais personne n’arrive jamais avec un morceau entier, donc tu as toujours un couplet de l’un, un refrain de l’autre, un break du troisième, c’est un travail d’équipe, d’où une certaine cohésion. D’autant plus sur Cannibal Tango car on ne s’est pas contenté de s’envoyer des fichiers de les bosser avant de se les renvoyer etc. On s’est retrouvé pendant une semaine tous les trois dans une baraque et on a systématiquement bossé les idées de chacun pour en faire des titres.

Donc a priori on n’aura pas besoin d’attendre 2021 pour voir un 3e album de Gnô ?

Non parce que déjà on a commencé à composer pour la suite, et puis bon là on a une vraie structure, un tourneur, un label, un bon distributeur, donc cette fois-ci on aura peut-être du mal à faire couler le label (rires).

Gnô

Parle nous de tes deux acolytes.

Gaby c’est un peu un ovni dans le metal, parce que c’est le gars qui est capable de jouer n’importe quel standard du Real Book (la bible des jazzmen NDR), qui sait improviser, qui chante très très bien et en même temps c’est un fan aussi bien de Iron Maiden que de King Crimson. C’est lui qui amène dans Gnô cette couleur un peu dépressive, « pop dramatique », qu’on trouve dans certains titres. C’est aussi celui de nous trois qui chante le mieux, avec une tessiture très large et l’habitude chanter lead.

Julien est un vrai batteur de rock, faut pas lui parler de jazz... Il aime tout ce qui est vraiment très énergique, thrash, techno, la culture metal au sens large etc. C’est lui qui s’occupe de l’image du groupe, c’est un type très créatif, il s’occupe de nos visuels....

C’est lui qui a fabriqué le petit personnage cannibale qui vous poursuit sur la pochette ?

Oui parfaitement ! Quand il est venu avec ce truc-là, ça nous a fait marrer et on s’est dit que ça pouvait être bien dans un univers musical qui est quand même plutôt viril et gros bourrin de prendre le contrepied avec quelque chose d’un peu plus marrant. C’est notre côté un peu punk si on veut.

Du coup, toi t’es qui dans le trio ?

Moi j’amène tout ce qui est riffs très guitaristiques, les refrains très pop aussi parce j’adore ça, je suis aussi responsable des harmonies un peu compliquées, un peu jazz rock ou progressif, qu’on entend parfois... Même si j’aime aussi Meshuggah et Pantera. Ça fait toujours un peu blaireau de dire ça, surtout que je suis le seul gratteux dans le groupe, mais voilà je suis un peu le guitar hero du trio (rires). Mais là encore avec un certain recul, par exemple le son de guitare n’est pas typique du metal actuel avec ce côté très compressé, moi c’est plutôt un son hard-rock/heavy metal allié à un jeu bien hardcore dans l’énergie.

On entend des influences type Suicidal Tendencies, King’s X, Steve Vai, RHCP. Tu en rajouterais d’autres ?

Oui on peut rajouter une influence Beatles dans les chœurs ou le côté « happy metal » d’un groupe comme Van Halen, mais effectivement on se reconnaît dans le côté groovy des Red Hot ou de Suicidal, et King’s X est certainement le groupe dont on se sent le plus proche en terme de culture.

Tu as parlé tout à l’heure de la composition mais je crois savoir que l’enregistrement de Cannibal Tango n’a pas été aussi simple que ça...

(I l se marre) Oui c’est un peu particulier parce qu’on a du réengistrer tout l’album. Il y a eu un premier essai, une collaboration qui n’a pas été fructueuse. Donc on a tout refait, Julien a enregistré ses batteries avec Laurent Couvert qui a aussi mixé l’album en s’aidant de pistes guitare et basse témoins. Ensuite, Gaby et moi, chacun de son côté, puisqu’on est tous équipés pour enregistrer, on a posé basses et guitares. Pour finir, on s’est isolé tous les trois en Auvergne pour enregistrer les voix, c’était vraiment très marrant.

Christophe et Gabyyyyy... sont deux bons amiiiiiis....

Musicalement on perçoit un bon équilibre entre le côté groove, tournerie un peu shamanique et les parties plus démonstratives techniquement. Est-ce très réfléchi, bien pesé ou plutôt spontané ?

Je pense que c’est plutôt spontané, c’est l’équilibre entre notre côté chanson et... on se débrouille toujours pour que les morceaux puissent se jouer en acoustique, qu’ils tiennent la route tous seuls. Ensuite, une fois que le titre est validé, on travaille de manière un peu plus « technique » pour introduire aussi une certaine variété, qu’on n’entende pas toujours les mêmes parties se répéter à l’identique. Et puis je dois dire que j’ai beaucoup réécouté le Eat Them And Smile de David Lee Roth pendant l’enregistrement de mes guitares et j’adore justement l’équilibre qu’il y a dans cet album entre le côté chanson et toutes ces petites interventions que tu entends un peu partout qui contribuent au morceau sans le déséquilibrer. Je trouve que c’est vraiment, avec Skyscraper, l’album où Steve Vai est à son sommet en tant qu’arrangeur de chansons. A 43 ans, j’avais envie aussi d’assumer ce côté-là : ben oui j’ai écouté et j’ai adoré ça à la fin des années 80. (rires)

J’ai une question de « main gauche diesel » à te poser : quand on est aussi à l’aise et rapide sur son manche que tu l’es, bref quand on n’est limité ni par la virtuosité ni par un style de jeu spécifique, comment choisit-on ce qu’on va jouer quand arrive le moment de choruser ?

Je vais peut-être te surprendre mais je suis plutôt instinctif à de niveau -là j’aime beaucoup improviser. Donc si au bout de trois ou quatre prises sur un titre, je vois que je ne suis pas très inspiré, je passe à autre chose. Et quand j’y reviens, je réécoute ce que j’ai gardé et il m’arrive de recomposer autour de ça. Mais pour la plupart des morceaux de l’album ce sont des impros un peu retravaillées ou alors de premiers jet complets comme sur Here I Stand et Fever. Sur Fever d’ailleurs j’ai vraiment enregistré le truc à l’arrache, y a quelques pains, mais c’était vraiment l’esprit que j’avais envie d’entendre, donc je l’ai gardée. En revanche sur Fathers and Sons j’ai enregistré, j’ai gardé des bouts, puis j’ai recomposé entièrement le chorus avec plusieurs guitares.

Donc finalement tu bosses comme tout le monde.

C’est clair.

J’insiste un peu : t’as quand même beaucoup plus d’options à ta disposition au moment de choruser que... moi par exemple ;-)

Alors il m’arrive de prendre des directions complètement inverses si je bute sur un truc pendant plusieurs prises. Par exemple, le solo de Here I Stand, je n’aimais pas la façon dont je l’avais enregistré sur la première version de l’album, c’était dans l’esprit très « virtuose » et finalement je n’avais pas envie de ça. C’est un morceau qui bourre déjà pas mal, donc j’ai pris une vieille pédale de chorus et j’ai plutôt tourné autour du son qu’autour des notes et j’ai fait quelque chose de beaucoup plus posé. La première prise a été la bonne.

Dans Cannibal Tango, le morceau, il y a des passages très cartoonesques et je me demande comment tu choisis dans ce que tu composes ce qui va être pour Gnô, pour Mörglbl ou pour Metal Kartoon par exemple ?

En général je sais dans quelle formule on va pouvoir exploiter telle ou telle compo. De plus, Gnô étant un groupe, la décision est collective. Donc une partie de ce que j’apporte n’est pas gardé et puis mes deux camarades sont des rigolos eux aussi, et par exemple, les idées un peu cartoon dans Cannibal Tango viennent de Julien à la base, pas de moi.

Un truc que j’ai remarqué en te regardant jouer, je l’avais déjà vu chez Guthrie Govan par exemple, c’est que tu chantes absolument tout ce que tu joues (sauf quand il chante vraiment bien sûr), même quand c’est ultra rapide, tu l’as toujours fait ? Ou est-ce que tu t’es astreint à le faire au début et qu’est-ce que ça t’apporte ?

Je l’ai toujours fait assez naturellement. Quand j’étais gamin, ma mère m’a inscrit dans une chorale, ça m’a beaucoup aidé d’ailleurs ; du coup quand je compose, très souvent je le fais en chantant, juste à la voix, avec un dictaphone. Et, pareil quand je travaille un plan très souvent je le travaille en chantant d’abord. Jouer en chantant, t’aide à ne pas laisser tes doigts prendre le dessus sur ce que tu entends et donc à ne pas jouer que des plans tout faits. Tiens, quand on a jammé avec Aymeric Silvert sur Little Wing, tous les renversements que je faisais et qui t’ont bien fait marrer, c’était des voicings que j’imaginais dans ma tête au fur et à mesure, dans le but de servir celui qui chantait ou celui qui chorussait. Et ça me permettait de pas marcher sur les plates-bandes de l’autre guitariste qui assurait la grille standard du titre.

Show time

Ca a été une bonne surprise de voir un show du groupe au mini salon Vigier, parce qu’habituellement les sponsors préfèrent avoir leur poulain qui joue seul sur bande, ça coûte moins cher et ça focalise l’attention sur le produit. Mais là on sent que Patrice Vigier a vraiment tripé sur l’album.

Oui c’est clair, il est fou de l’album. En fait, on est très potes avec Patrice et il est souvent le premier a qui je fais écouter mes nouveautés. Donc oui je sais qu’il a bien craqué sur cet album.

Plus généralement je ne t’avais jusqu’alors vu qu’en démo dans les salons en France comme à l’étranger, ne crains-tu pas le syndrome du monstre de foire ?

Dans les salons, c’est difficile d’y échapper, mais justement Gnô pour moi c’est vraiment une bonne soupape. Parce que quand on voit Gnô sur scène, on se rend compte que c’est un groupe, que ça ne tourne pas juste autour de moi. Et sur les 150 dates que je fais par an, il y en a une dizaine seulement qui correspondent à des salons ou à des apparitions pour les sponsors, donc pour l’instant la balance est bonne. C’est vrai que quelqu’un qui ne me voit que dans les salons peut me prendre pour un monstre de foire mais bon, j’essaie même dans les démos de me projeter dans une configuration scène et de faire un show, de l’entertainment.

Parle-nous un peu de ta Vigier la Supra 7 cordes, utilisée intensivement dans Cannibal Tango. Que t’apporte la 7e corde ?

On a un accordage un ton en dessous, donc Gaby avec sa 5 cordes descend jusqu’au La. La 7 cordes me permet donc à moi aussi de descendre jusqu’au La en utilisant les mêmes doigtés que lui sur de gros riffs par exemple. Et je me suis rendu compte dans Mörglbl que ça me permettait de jouer des walkin’ bass pendant les chorus de basse d’Yvan et du coup ça lui libère de l’espace vers le haut. Accessoirement je suis un fan de basse, j’adore le slap, et la septième corde me permet de faire des parties de basse en plus des accords, de manière réaliste.

Tu vas pas passer aux 8 cordes. la prochaine fois ?

Non (rires) j’ai pas les mains assez grandes de toute façon, et puis je reste un guitariste de six-cordes, mais c’est vrai que la moitié de Cannibal Tango est jouée en 7 cordes comme le prochain Mörglbl et en plus là c’est une nouvelle guitare sur laquelle Patrice a installé un frettage haut, le plus haut qu’on puisse faire je crois, comme il l’a fait sur toutes mes autres guitares. Ca favorise les tirés parce que lorsque la corde est plus haute le tiré est plus facile. Je joue beaucoup en legato, et le fait de ne pas toucher le bois de la touche avec la corde, ça aide beaucoup surtout avec les tirants que j’utilise : 011/54 et 011/66 sur la 7 cordes. Le Sol est un 022 non filé mais ça reste gros même accordé un ton en-dessous. En plus c’est un diapason long de type Fender donc y a pas mal de tension sur le Mi aigu et sur le Ré.

Rien de particulier par ailleurs électronique etc. ?

Non j’ai des Di Marzio sur toutes mes guitares (Tone Zone sur les 6 cordes) La seule différence vient de la largeur du manche : sur mes 6 cordes elle se rapproche de celle d’un manche d’Expert ça doit faire 1mm de largeur en plus tout le long du manche et ça se sent. Sinon ça fait plusieurs années que j’ai demandé à Patrice Vigier de m’installer des bras de Floyd Rose sur tous mes vibratos quels qu’ils soient, pour des raisons de solidité, parce que je cassais 4 ou 5 tiges par an.. Finalement il l’a généralisé maintenant.

Tu es fidèle à Laney, dont on sait qu’ils ont de très bons amplis au catalogue mais qui n’a pas le côté élitiste d’autres marques, quel est leur plus selon toi ?

Matthias Eklund et moi on utilise le même ampli et on a des sons complètement différents. Le son n’est pas instantané, il faut chercher un peu mais lorsque tu as pris le temps de construire ton son avec ce Laney, il est personnel. Parce que les Laney ne compressent pas à mort comme d’autres marques, donc tu as pas mal de relief, beaucoup de nuances, avec lequel tu peux vraiment jouer sur la dynamique. Il y a aussi l’aspect retour qui est intéressant chez eux, par exemple ils m’ont demandé de tester la tête Tommi Iommi quand elle était encore en cours de développement, pour que l’ampli ne soit pas seulement destiné aux fans de Black Sabbath, mais puisse aussi intéresser un public plus large. D’autre part, ils ne cherchent pas à faire du nombre, mais plutôt à travailler avec des artistes dont le travail les branche, donc ça donne des amplis qui ont du caractère et ne sont pas forcément destinés à plaire au plus grand nombre.

De même les effets Zoom que tu utilisent sont très standards et pas très chers.

Je bosse beaucoup avec eux sur leurs appareils d’enregistrement maintenant, mais ça fait 13 ans à peu près que je collabore avec eux, et j’utilise toujours le G21U d’il y a 13 ans. Leurs effets sont assez transparents et efficaces simplement il faut avoir le courage de sortir un peu des presets d’usine. Pratiquement tous les effets que vous entendez sur mes enregistrements viennent du Zoom. En plus c’est très costaud, j’ai par exemple deux delays depuis dix ans qui fonctionnent toujours impec.

J’ai vu du Palmer aussi sur la scène...

J’avais déjà un petit The Junction qui comporte une simulation de HP et je les ai rencontrés lors d’un mini salon allemand où j’atais pour Laney. Là j’ai découvert qu’ils avaient plein de petits utilitaires très pratiques, que ça soit pour la scène ou le studio. En plus, ce sont des produits très solides et leur ligne de pédale est vraiment accessible : ça doit tourner autour de 50 ou 60 euros la pédale, et ils ont un superbe chorus d’ailleurs.

Have fun

Quel regard portes-tu sur le chemin parcouru depuis tes débuts ?

Depuis le commencement, j’ai toujours joué avec des groupes à droite à gauche et toutes les étapes se sont enchaînées assez naturellement en fait. Il y a d’abord eu un album avec Temple (où jouait aussi Julien d’ailleurs) c’était la première fois que je me retrouvais dans un groupe qui avait des ambitions nationales. De là, Thibault Abrial m’a invité dans sa compil’ Guitare Attitude et grâce à ça je me suis, du jour au lendemain, retrouvé sur scène avec plein de musiciens parisiens, moi le bouseux de province (rires), puis sur Canal+ pour une émission et on m’a proposé une colonne pédago dans Guitar et Bass. Grâce à tout ça, j’ai monté Mörglbl dont le côté instrumental nous a ouvert pas mal de portes à l’étranger. En gros, je n’ai jamais été très connu et je ne pense pas l’être un jour, mais j’ai toujours eu la chance que chaque nouvelle étape me fasse monter une marche, que les choses se fassent sereinement.

Le conseil du maître aux petits scarabées ?

Je donne toujours le même : pensez à travailler le rythme et surtout apprenez à bien accompagner parce qu’on a plus de chance d’avoir du boulot en sachant accompagner qu’en faisant des soli à 600 km/h sans être capable de jouer une grille d’accord. Il faut savoir se mettre au service d’un morceau, d’un chanteur, d’un groupe, tout en se régalant. Le travail du rythme et des accords, c’est ce qui ouvre le plus de portes, ensuite on peut mettre la chantilly par-dessus en jouant de beaux chorus.

 

Mots-Clefs

Type d’article
Interview
Musiciens/Groupes
Christophe Godin
Marques
Vigier
Numéro
GX45

 

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