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Tedeschi Trucks Band

Révélation

D 25 août 2011     H 12:49     A Judge Fredd    


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Le Tedeschi Trucks Band est venu défendre son album Revelator sur scène à Paris en juillet dernier. Nous les avons rencontrés la veille de leur date au Trianon, entretien tranquille avec un couple bien dans sa musique et dans ses baskets.

Ca y est c’est fait, Susan Tedeschi et Derek Trucks dans le même groupe et quel groupe ! Onze musiciens monstrueux au service du groove et de la mélodie, 0% de frime, 100% efficace, la grande classe. Signe qui ne trompe pas, le jour J, tout le gotha guitaristique parisien ou presque avait fait le déplacement et tous sont ressortis avec la banane et le sourire jusqu’aux oreilles.

Ca faisait un moment qu’on vous voyait jammer sur scène à diverses occasions. Qu’est-ce qui vous a finalement décidé à former le Tedeschi Trucks Band ?

Derek Trucks : Ca fait dix ans qu’on en parle avec Susan, mais bon on avait nos disques respectifs, y a eu l’épisode Clapton, et puis les enfants, tellement de choses étaient en route qu’on n’a jamais vraiment pu le faire. Il y a environ deux ans, on a senti que c’était le moment, du style maintenant ou jamais et on a commencé à y penser : comment voulait-on le faire ? Avec qui ? Quel genre de groupe on voulait que ce soit etc. Et c’est comme ça qu’on est passé d’un groupe de 5 ou 6 à un groupe de 11 personnes (rires). On s’est arrêtés là parce qu’au-delà de onze on n’avait plus assez de sous ! (re-rires). Ça a été comme une explosion tout ce processus. On a passé la majeure partie de l’année à écrire des chansons, essayer des musiciens, assurer des concerts avec un groupe en perpétuelle évolution et tout s’est finalisé autour de décembre 2010, les chansons, le groupe... On s’est rendu compte qu’on avait mis sur pied une réunion de musiciens incroyables.

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Justement comment en êtes-vous arrivé à ce monstre à 11 têtes ?

Susan Tedeschi : Au départ on voulait vraiment former un noyau comprenant Derek, les Burbridge brothers (Oteil à la basse, Kofi aux claviers NDR). Ensuite on voulait essayer J.J. Johnson à la batterie et j’avais déjà joué avec Tyler Greenwell dans mon groupe précédent. Les deux se sont rencontrés dans notre studio derrière la batterie et ils se sont si bien entendus qu’ils sont devenus comme une seule personne, inséparables sur scène comme en dehors. Ensuite on savait qu’on voulait des chanteurs/choristes car on avait envie d’intégrer Mike Mattison (le chanteur du dernier disque de Derek) au band, qui en plus est un fantastique songwriter, et on voulait une deuxième voix masculine. On rêvait aussi d’avoir une section de cuivres, on a commencé à en parler en avril et...

DT ...on a joué pour la première fois avec les cuivres au jour de l’an je crois et à la fin du show on s’est dit : « Wow on est dans la merde parce qu’on ne pourra plus faire machine arrière maintenant » On savait que ce serait bien mais on n’avait pas pensé que ce serait aussi génial que ça.

ST Oui à la fin du show plein de gens sont venus nous voir pour nous dire qu’ils avaient adoré les cuivres...

Cela dit ils ne sont pas présents dans tous les morceaux sur le disque...

ST C’est vrai, mais en scène, ils s’arrangent pour trouver des parties dans chaque titre, pour faire un peu comme des nappes, ou de petites interventions

DT Quand on a enregistré, on était encore un groupe de huit personnes, la section de cuivres s’est montée pendant qu’on enregistrait, donc l’intégration s’est finalisée live beaucoup plus que sur le disque sur lequel seuls les titres pour lesquels on avait déjà prévu des cuivres en ont.

Quel est l’avantage d’avoir deux batteurs et d’où ça vient, c’est l’héritage Allman Bros. ?

DT Non je crois que pour tout le monde dans le groupe ça a plus à voir avec James Brown, Otis Redding etc. Ils viennent plutôt de côté-là, à part Oteil et moi qui jouons dans Allman Brothers. Et puis une de nos références majeures pour ce groupe c’est Mad Dogs and Englishmen, dans lequel on pouvait voir Jim Gordon et Jim Keltner jouer ensemble. Pour te répondre, le truc c’est que quand t’as une section rythmique comme ça, c’est comme... un train de marchandises qui se met en route, un gros son, un truc qui avance tout seul, et rythmiquement il se passe toujours quelque chose, c’est très riche et puissant à la fois, c’est magique... enfin... quand ça fonctionne, parce que quand ça ne fonctionne pas c’est horrible. (rires) Mais Tyler et J.J., ils s’écoutent, ils ne jouent pas trop fort, ne sont pas en compétition, ils sont musicaux, communiquent par le regard et servent le morceau.

ST Et ils leadent chacun leur tour, l’autre venant compléter. Ils servent la chanson, ils écoutent vraiment ce qui se passe, ce sont de véritables musiciens, pas seulement des gardiens du tempo. C’est d’ailleurs pareil pour les autres musiciens du groupe.

DT Je crois que ce qui caractérise ce groupe c’est qu’il peut prendre un titre et le jouer en tant que groupe et la minute d’après tu peux avoir n’importe lequel de nos musiciens qui part dans un chorus échevelé et super technique, Oteil est monstrueux de virtuosité, J.J. peut se barrer sans problème dans un trip Elvin Jones, les cuivres sont incroyables individuellement. C’est vraiment génial en plus le groupe peut être un fantastique soul band pendant une minute, puis tourner au folk rock et dix minutes plus tard triper King Crimson (rires).

D’ailleurs le disque sonne plus comme l’œuvre d’un groupe que comme des musiciens servant deux individualités.

DT Tant mieux parce que c’est vraiment le concept de départ : bien que ce soit notre projet à tous les deux on voulait monter un groupe et je suis heureux que tout le monde y ait trouvé sa place à ce point, les musiciens, et même le crew, il n’y a pas de séparation, tout le monde fait partie du même...

ST ...de la même famille

DT Oui ça rend les succès encore plus agréables et je pense que c’est aussi un gage de longévité.

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Vous disiez que vous avez enregistré à la maison, j’ai vu une vidéo qui se passait dans une espèce de vieille grange...

ST On l’a construite il y a quelques années en fait

DT J’avais enregistré à New York dans un très beau studio installé dans une vieille grange, et aussi à côté de Woodstock dans une autre grange dans laquelle Bob Dylan avait aussi enregistré, et du coup on s’est dit que ce serait bien d’avoir notre propre studio de répétition qu’on a designé comme une vielle grange un peu funky et, une chose en entraînant une autre, on s’est retrouvé avec un véritable studio d’enregistrement dans lequel on se sent bien et qui sonne vraiment comme on aime, avec de l’air, de l’espace, suffisamment grand pour qu’on puisse jouer live avec un groupe.

Alors justement tout a été enregistré live ?

ST Oui sauf quelques voix, mais la plupart du temps, la voix et la guitare rythmique que je joue sont live même si je trouve que je chante mieux quand je ne joue pas et que je joue mieux quand je ne chante pas (rires).

DT Je dirai que 85% des prises sont live.

Tu joues de la guitare sur tous les titres Susan ?

DT Oui elle joue rythmique sur pratiquement tous les titres et Susan a écrit et joué le solo de Love Has Someting Else To Say.

ST Je joue beaucoup plus de guitare sur scène que dans le disque.

Tu utilises une Telecaster je crois ?

ST Oui et une D’Angelico...

Ah oui celle qui a une tête assez imposante...

ST Voilà, à l’origine elle a été faite pour Derek, mais je la lui ai « emprunté » et... je l’ai toujours (sourire).

Quels sont les avantages et les inconvénients d’être un couple et de travailler ensemble ?

ST Je pense qu’il y a plus d’avantages que d’inconvénients non ?

DT Euh... oui... euh... (marrade générale) tu sais, on est ensemble depuis plus de dix ans, on a deux gamins, alors je pense que les pros et les cons sont les deux faces d’une même pièce. On se connaît tellement bien, on a vécu tellement de trucs, que c’est beaucoup plus facile d’écrire ensemble parce qu’il y a beaucoup à dire (rires). Mais bon l’avantage principal c’est qu’on est beaucoup plus ensemble qu’avant. J’étais sur la route 250 jours par an, Susan 200 jours par an, on faisait des trucs différents, dans des tour bus différents... Alors que maintenant nous sommes beaucoup plus souvent ensemble et avec les enfants aussi.

ST Sauf quand ils sont à l’école ; Pour eux, c’était mieux avant car ils avaient toujours l’un de nous deux à la maison, alors que là c’est un peu plus dur puisqu’on est tous les deux partis. Quand ils sont en vacances et qu’on tourne, ils viennent avec nous.

Ils sont à Paris là ?

ST Non ils sont chez mes parents.

DT Disons qu’ici les conditions seraient un peu dures pour des enfants, on joue dans de petits endroits, on prend beaucoup de trains de métros etc. et certains jours il faut sauter dans le bus sans attendre et rouler jusqu’à la prochaine ville. Aux states, quand on tourne, ils ont leur espace avec leurs lits superposés, c’est plus confort pour des enfants. Mais on a vraiment envie de les emmener en Europe un jour.

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Combien de temps a pris l’enregistrement de l’album ?

Le processus entier, monter le groupe, écrire les chansons, et réaliser l’album a pris environ un an. Mais l’enregistrement lui-même a duré environ trois semaines. Ensuite on a passé deux ou trois mois à mixer, placer les voix et les guitares exactement où on les voulait, faire des essais etc. Le piège quand tu as ton studio dans ton arrière-cour c’est que Bobby Tis et moi, on y a passé des heures et des heures, jusqu’à 5 du mat’, juste pour avoir tel son, ou ajuster finement tel placement etc. Mais l’enregistrement avec le groupe c’était maximum deux prises par titre, on voulait vraiment que ça reste frais, spontané.

En écoutant Come See About Me j’ai eu comme un goût de Little Feat...

DT Richie Hayward venait de mourir quand on a enregistré l’album et on pensait beaucoup à lui, c’était un type génial un musicien bourré de talent, un batteur vraiment à part. Donc oui, le groove de ce titre est en quelque sorte notre hommage à Richie, c’est directement inspiré par Little Feat.

Sur These Walls on entend du sarod et vers la fin il y a un dialogue sarod/guitare qui est saisissant car vous jouez l’un et l’autre des phrases tellement similaires. Et ça va beaucoup plus loin pour moi que les titres « indiens » qu’on peut trouver dans tes albums précédents, cette « indianité » est vraiment devenu une composante de ton jeu.

DT Oui, je pense qu’au début quand tu joues un titre « à l’indienne », ou un titre jazz etc. hé bien tu les joues et d’une certaine manière, les gens comprennent que tu veux jouer dans ce style. Et puis arrive un moment où comme tu le disais, cela fait partie intégrante de ton jeu, c’est juste là et ça ressort malgré toi et ça passe inaperçu, je veux dire de façon naturelle pour quelqu’un qui ne connaît pas ton background. Le père de Alam Khan (qui joue du sarod sur ce titre), décédé lui aussi, a été pour moi une influence énorme, donc la conversation musicale avec Alan ça se passe entre deux types qui ont été influencés par la même personne, lui, directement parce qu’il jouait quaotidiennement avec son père, et moi, par l’intermédiaire de CD, de concerts etc. Il y avait vraiment un côté spontané dans cette conversation musicale et quand il balançait une phrase je me disais : « Voilà ce que j’aimerais jouer si je savais vraiment jouer du sarod. » (rires) C’était vraiment un prise très agréable, un grand moment pour moi.

Love Has Something To Say sonne funky, These walls est comme un mélange folk-rock/gospel etc. donc je repose un peu la même question, ce sont vos références ?

DT Tout le monde dans le groupe... Susan, moi, chacun est comme un bon étudiant, toujours en train d’apprendre...

ST En train d’étudier oui. Surtout moi avec Derek (elle se marre)

DT On a eu tellement de chance de jouer avec tous ces musiciens incroyables, BB King, John Lee Hooker, Herbie Hancok...

ST ...Willie Nelson, Santana, Eric Clapton...

DT ...ce sont des maîtres et nous on est là, assis à côté d’eux, on traîne avec eux, on joue avec eux... On ne tient pas ça pour acquis, crois-moi, et tous ces gens nous influencent, on ne s’en cache pas. J’entends un paquet de nouvelles musiques dont on essaye de nous faire croire qu’elles sont toutes nouvelles et n’existaient pas avant et c’est juste des pop hits un peu cheap. (rires) Nous on pourrait dire qu’on essaie assez modestement, d’étendre une tradition, genre : « Voilà d’où on vient et voilà ce qu’on sait faire maintenant » ; on est enraciné dans telle et telle tradition musicale mais c’est nouveau, c’est tout frais, c’est maintenant, c’est notre version du truc. Encore une fois on ne s’en cache pas. Il ya une influence Joni Mitchell sur une chanson ? Ben oui c’est bien ça ! Little Feat ? Bien sûr !

Tes influences pour la voix justement Susan... Joni Mitchell ?

ST J’aime bien Joni Mitchell mais je pense que mes influences principales sont plutôt du côté d’Aretha Franklin, Mahalia Jackson, Etta James, Big Mama Thornton, Koko Taylor et puis des gens comme Otis Redding, Ray Charles, Stevie Wonder, Sam Cooke, James Brown...

Plutôt Rythm n’ Blues comme sélection

ST Mais j’aime aussi Billie Holiday, pas mal de chanteuses de jazz et puis côté country des chanteuses comme Dolly Parton, Emmylou Harris, Linda Rondstadt, Bonnie Raitt... j’aime vraiment beaucoup de choses différentes et c’est aussi le cas de la plupart d’entre nous dans le groupe.

Une des seules « critiques » que j’aurais sur l’album c’est qu’on ne t’entend pas assez pousser sur l’abum (belting) y a beaucoup de mids tempo avec des voix assez douces, ça ne s’énerve pas trop...

ST Ca tient aux titres qu’on a écrit je pense, et à la meilleure manière de les servir...

DT C’était aussi une volonté parce que Susan a déjà cinq albums derrière elle où on l’entend justement « belting » (belt voice c’est chanter avec puissance en faisant résoner sa voix, je n’ai pas trouvé de traduction satisfaisante NDR). Donc on voulait aussi montrer une autre facette de sa voix, on sait qu’elle peut « belter » et qu’elle le refera, donc...

On passe à la slide. Warren Haynes nous a expliqué qu’il mutait les cordes qu’il ne jouait pas avec le pouce de sa main droite quand il jouait en slide. Tu le fais aussi je crois. Est-ce une particularité de l’école Duane Allman ?

DT C’est possible. En ce qui me concerne, la question est vraiment d’arriver à obtenir exactement le son que j’entends dans ma tête. Je ne sais pas si c’est une approche classique ou non.

Mais en open de Mi que tu utilises la plupart du temps, souvent on laisse les cordes qu’on ne joue pas apporter des bruits et des résonances supplémentaires, toi non.

DT oui la plupart du temps, j’essaie de ne faire sonner que la note que je joue mais parfois je laisse aussi d’autres notes résonner, ça dépend de la chanson.

Tu joues aussi, tout le temps je crois, juste aux doigts, sans médiator ou onglet pourquoi ?

DT J’ai commencé vraiment jeune et, au début, je jouais au mediator mais pour le slide je préférais jouer aux doigts. Donc j’arrêtais pas de passer de l’un à l’autre, et à un moment j’en ai eu marre de faire tomber mes mediators ou de les perdre et je me suis dit qu’après tout je n’avais pas besoin de ces trucs. Je préfère vraiment le son de la viande, de la chair sur les cordes, et finalement c’est un choix qui me semble naturel.

Est-il plus difficile de développer un panel d’expression à la slide qu’en jeu standard ?

DT Je crois que ça a plutôt à voir avec le musicien et la manière dont son esprit envisage les choses. J’ai vu des guitaristes jouer des tas de styles différents avec une simple acoustique, avoir un jeu plein d’émotion et de nuances et j’ai vu des mecs avec dix amplis et un millier d’effets sonner comme de la merde (rires). Et puis t’as Hendrix, qui pouvait jouer avec n’importe quel matos et ça le faisait toujours ; donc la seule limite vient de notre esprit. On peut tirer tellement de sons différents d’une même guitare branchée sur un même ampli, c’est sans fin.

ST Sans compter les différents accordages que l’on a à disposition, Drop D etc. Derek m’a appris à jouer en open de Do, j’adore aussi les open de Ré et de Sol ou jouer en Mib, et tout ça te permet d’expérimenter de nouvelles choses....

DT Oui chaque accordage est comme un monde nouveau à explorer. Je me rappelle, pendant l’enregistrement j’ai pris une guitare que Doyle Bramhall avait utilisée et que je croyais accordée en open de Mi. En réalité elle était dans un autre accordage que je ne pratique pas vraiment. Un peu surpris au début, j’ai continué et au bout de dix minutes, j’avais un nouveau morceau. (rires) Faut juste rester ouvert.

J’ai lu que tu avais commencé à jouer sur SG parce que tu aimais la Les Paul mais qu’enfnt elle était trop lourde pour toi. Mais là maintenant tu as bien grandi et tu es toujours sur SG...

DT C’est juste que je me sens super bien sur SG, j’ai pas besoin de réfléchir tout me tombe sous la main. J’aime et je joue d’autres guitares mais il n’y en a aucune sur laquelle je me sente aussi bien.

Et tu en as une ou plusieurs ? (là ils répondent tous les deux en même temps)

DT Une.

ST Plusieurs.

Qui dois-je croire là ? (on est tous morts de rire)

DT Oui, non enfin j’en ai une principale, celle sur laquelle je joue en concert. Et en général on en a une en spare mais pas en ce moment (en effet le lendemain, Derek casse une corde sur scène et se retrouve avec une Les Paul qu’il abandonne en cours de morceau dès que sa SG est de nouveau prête à bondir NDR).

ST Mais à la maison t’en as d’autres non ?

DT Je dois en avoir six mais je suis plutôt un « one guitar kind of guy », si je trouve une guitare que j’aime, je la joue jusqu’à ce qu’elle tombe en morceaux. (rires)

On te voit aussi avec une Firebird dans la vidéo de Learn How To Love.

DT Oui parce qu’il y a plus de longueur sur la corde de Mi de la Firebird, du coup ça résonne plus un peu comme une corde de piano, c’est un très beau son, d’autant que les micros de ces vieilles Firebird sonnent superbement.

Et les amplis, tu utilises des PRS ?

DT Avec les Allman oui, mais sur le disque j’ai utilisé principalement des Blackface Deluxe et Susan un Princeton Reverb. Sinon j’avais aussi une tête Showman avec un baffle PRS.

Des effets ?

ST J’ai utilisé une wah et un overdrive melon.

DT Moi juste la reverb de l’ampli

Même pas un peu de compression sur la slide ?

DT Non, d’ailleurs on a évité au maximum de compresser quoi que ce soit sur l’album, on voulait qu’il y ait de l’air que ce soit vivant. Et ça donne une perspective sonore bien plus large, un côté « tridimensionnel », on voulait que ça respire que la basse sonne comme une basse, la batterie comme une batterie. Back to the basics quoi, même si c’est un peu à contre-courant.

Quel botteleneck utilises-tu ?

Un Jim Dunlop Blues Bottle et ils ont ou vont faire un modèle signature.

Tirants de cordes ?

DT 011 014 017 026 036 046 c’est une combinaison de deux jeux que je trouve vraiment adaptée à à la fois à la slide et au jeu standard.

ST J’utilise des 011 moi aussi du coup.

Un conseil pour les jeunes guitaristes ?

ST Continuez à apprendre, amusez-vous et essayer de raconter une histoire plutôt que de vous. mettre en avant. Pourquoi Hendrix est-il si grand ? Parce que c’est avant tout un songwriter. Bien sûr, il fait de superbes solos avec des effets etc. mais quand tu écoutes attentivement ces solos, ils sont souvent très courts, très mélodiques, ils racontent quelque chose.

DT Je suis d’accord, mes solos préférés des Allman sont ceux dont je peux chanter chaque note sous la douche comme une chanson, c’est pour moi la marque des grands chorus. Gardez vos oreilles grandes ouvertes. Bien sûr il faut pratiquer se faire les dents etc. mais au final on doit être capable d’émouvoir les gens. Personne n’a envie d’entendre le nombre d’heures que tu as passé à t’entraîner dans ta chambre, les gens veulent du live, du vivant. Soyez attentifs aux silences entre les notes, ne les gaspillez pas et trouvez votre propre voix (oui, oui il a bien dit « Find your own voice » NDR).

Le Judge bien entouré

La plupart des photos (sauf photos de scène et avec Judge) sont de James Minchin

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Mots-Clefs

Type d’article
Interview
Musiciens/Groupes
Derek Trucks Susan Tedeschi Tedeschi Trucks Band
Numéro
GX46

 

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