La prose de Judge Fredd
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Ibanez AT10RP-CLW Premium

La jolie cousine indonésienne

D 26 décembre 2015     H 11:51     A Judge Fredd    


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Une guitare conçue pour être polyvalente comme Andy Timmons lui-même, avec une face très « american classic » pour les sons délicats, et une face plus fat façon LP. Le meilleur des deux mondes en quelque sorte.

Comme il le dit lui-même (cf.interview) Andy Timmons a envie qu’un modèle qui porte son nom soit représentatif de sa conception des choses en matière de guitare, L’AT100 répond évidemment à cette exigence, mais voilà il n’est pas à la portée de toutes les bourses. Donc l’idée était de faire un modèle plus économique, fabriqué en Indonésie sans pour autant déroger à cette règle. On retrouve le même manche érable, avec le même profil plutôt rond, esprit vintage et une touche érable aux frettes très bien posées, bien polies, un vrai plaisir pour les doigts. La jonction avec le corps, en aulne, se fait en 4 points avec un contour doux afin de ne pas agresser la paume de la main gauche. Ce corps reprend les canons propres à la marque : cutaways très prononcés et cornes acérées, le tout sous un sunburst de bon aloi. Les micros sont les mêmes que sur la grande sœur japonaise Prestige, le Di Marzio AT-1 Andy Timmons signature et deux doubles Cruizer au format simple qui ont été travaillés pour sonner comme des simples, sans le hum.
Venons-en à la seule réserve que m’inspire cette guitare, le vibrato : il est d’esprit vintage, fixé en quatre points (il y a bien six trous mais quatre vis seulement et plaqué contre le corps. Et comme souvent, on ne peut pas vraiment s’en servir sans… désaccorder la gratte. L’autre bémol ne concerne peut-être que le modèle testé mais la queue de vibrato était au large dans son logement ce qui, premièrement, faisait qu’elle pendait toujours en bas et qu’elle tombait parfois par terre. Donc soit j’ai loupé un truc soit la barre de vibrato fournie n’était pas la bonne parce que sur certaines photos de l’AT10 on voit très bien que la queue de vibrato tient en place. Différence avec le modèle japonais, les mécaniques à bain d’huile ne sont pas à blocage mais elles font pour autant très bien le job. Autre différence avec la guitare d’Andy, on a un volume et deux tonalités (une pour l’AT-1, l’autres pour les Cruizer) alors que lui a deux volumes et une tonalité.

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AT sounds

Les sons clairs sont très Fendériens, on retrouve la brillance, l’attaque et la subtilité qu’on attend d’une Strat. Le micro grave est un poil plus corpulent double bobinage oblige, la position intermédiaire grave/milieu se creuse avec une légère prédominance du grave sur le milieu. Ce dernier a vraiment une belle dynamique et je le trouve beaucoup plus exploitable seul que les micros milieu de strat habituels. La position intermédiaire milieu/aigu tient toutes ses promesses, c’est le fameux son qu’on aime aussi bien en clair qu’en crunch. L’aigu sonne, sur ces sons clairs, un poil medium, un poil agressif mais avec de la brillance, c’est très agréable.

On note sur toutes les positions qu’en baissant le volume, on perd du niveau mais que le son ne devient ni maigrelet, ni sourd. Il ne perd en dynamique que vers 4, donc de 4 à 10 on a tout une variété de niveaux avec lesquels on garde le punch, la dynamique, les aigus du son c’est vraiment très confortable. Les deux Tone sont moins intéressants de ce point de vue. Finalement on aurait préféré avoir deux volumes comme Andy. J’aime bien l’aigu quand on ne le pousse pas à fond sur les sons crunchs, c’est très rock. Sur les autres positions aussi d’ailleurs, en baissant très légèrement le volume on enlève ce surcroît de saturax qu’on aime en solo mais qui parfois nuit à l’intelligibilité des accords en crunch. Et on s’éclate à jouer du bon gros rock ricain de base, de la country ou de la pop au choix.
En saturax, le double est à la fois plein et précis. Précise c’est un peu le mot qui pourrait caractériser l’ensemble de cette config à l’image de son papa. Le corps en aulne et la philosophie très fendérienne de la guitare font qu’il sonne toujours assez brillant avec des attaques claquantes. Mais le grain est bien là juste derrière ça growle comme on veut et les harmoniques viennent embellir le tout. Pour le reste, il est très agréable de disposer de son de type fendérien qui ne sont pas sujets à des buzz intempestifs quand on atteint les grosses saturations. Vous me direz qu’on n’utilise pas trop ce type de sons avec du gros graoûh mais n’est-ce pas justement à cause des bruits et des parasites qu’on en a moins l’habitude ? Bref tout ça pour dire que là encore l’AT10 tire son épingle du jeu avec brio.

Bien joué

Cette AT10RP-CLW Premium est une bonne guitare, pleine de ressources, qui justifie pleinement le prix qu’elle coûte. A essayer que vous soyez fan d’Andy ou non.


Autres infos
  • Le manche
  • Les micros
  • La polyvalence
  • Le confort
  • Volume particulièrement progressif
  • L’étui
  • Le vibrato (voir texte)
  • Prix indicatif : 1 199 €
  • Distribution : Mogar Music France

Portfolio

 

Mots-Clefs

Instruments
Guitare électrique
Type d’article
Avec vidéo Banc d’essai
Musiciens/Groupes
Andy Timmons
Marques
Ibanez
Numéro
GX72

 

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