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Bunting Guitars Spiro

Elle fait très mal !

D 23 décembre 2015     H 10:31     A Judge Fredd    


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L’expression vintage moderne correspond pleinement à cette Spiro qui ne copie personne tout en empruntant aux grands classiques et combine à merveille feeling vintage et qualité actuelle. Bluffant.

Yaniv Loria est fan des guitares un peu cheap des années 60 dont le seul défaut vient de ce qu’elles sont souvent assez injouables ou très difficilement réglables, en tout cas de ce qu’elles ne bénéficiaient pas, à l’époque, de la même qualité de production que les grandes marques. C’est cet esprit, avec la qualité de fabrication en plus qu’il a voulu retrouver en fondant Bunting Guitars. Son côté un peu à part se retrouve aussi dans les choix des essences qu’il utilise : érable de Bosnie, cedro, cocobolo, sapin de Douglas, bref rien d’inconnu mais des bois moins standards que d’autres dans le monde de la lutherie.

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A la croisée des chemins

Yaniv est aussi le genre de luthier qui démarre la fabrication d’une guitare en ayant en tête la façon dont elle doit sonner, ça lui donne une ligne directrice un but à atteindre qu’il ne perd pas de vue tout au long du processus. Pour cette Spiro, il voulait réaliser un mix entre une Jazzmaster et une SG, esprit milieu des sixties avec du mordant quoi. Cela l’a amené à choisir un morceau de cedro (spanish cedar, bois plutôt léger) assez fin pour le corps, sur lequel il a vissé un manche en érable très fendérien, diapason long, avec une touche en cocobolo et une paire de P90 Fralin de haute volée, servis par un volume (potard PEC) et un tone (potard CTS avec capa PIO). Pour le reste, on trouve six mécaniques Waverly très simples et très performantes, un chevalet wraparound Shroeder à blocage, aussi esthétique qu’efficace, précis (intonation), deux boutons de potard métalliques et un très beau pickguard tortoise.

La Spiro est assymétrique comme une Jazzmaster, près du manche elle ressemble un peu à une Tele, et elle rappelle effectivement la SG pour son confort, sa légèreté (3,4kg) dès qu’on la porte en position debout. Elle a aussi à vide cette résonance particulière, propre aux SG et LP Junior, qui génère sustain et harmoniques naturelles. Le diapason long y rajoute le twang d’une Jazzmaster. Le wraparound Schroeder joue un rôle important dans ces caractéristiques sonores qu’il privilégie grâce à sa structure aluminium. On note que la tête présente un angle de 9 degrés, à mi-chemin entre une tête droite à la Fender et l’inclinaison plus prononcée d’une tête Gibson (de 13 à 15 degrés de mémoire). Selon Yaniv, cela combine les avantages de deux grandes marques : ça plaque bien les cordes sur le sillet en os, tout en garantissant une bonne tenue d’accord.

Le finish, mélange de Shellac, d’huile et de cire avec des pigments naturels, est emprunté à la lutherie violon italienne ou à la lutherie guitare espagnole. C’est un vernis très fin appliqué « à la mode relic » qui selon le luthier favorise la résonance et l’évolution du bois dans le temps.

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Elégance

Allez on prend la guitare et là… grosse baffe ! D’abord on est super à l’aise avec debout ou assis, elle est joueuse, c’est souple sous la main gauche, les tirés passent comme dans du beurre, on sent bien les vibrations dans la paume de la main gauche, un régal. A vide, c’est déjà bright et plein à la fois, les notes se détachent avec précision, en gros on a hâte de brancher. Et là wow ! Une bombe atomique ! En son clair, toutes les qualités que je viens de décrire se retrouvent, magnifiées par les deux micros, l’un favorisant la rondeur et la texture du son, l’autre les attaques et la brillance. En position inter, ça creuse en peu, c’est très délicat, volume et tone sont extrêmement réactifs, autant dire que la fête continue !
On passe en crunch et nous voilà aux commandes d’un véritable avion de chasse. Tout passe superbement bien, de Lynyrd Skynyrd à T.Rex, de Black Crowes à Rory Gallagher, de Free à Aerosmith, c’est juste magique et avec un bon ampli (on en avait plusieurs sous la main) on n’en finit plus d’explorer la variété et la subtilité des sons disponibles. On rajoute un peu de gain et on zizitopise direct, toujours avec souplesse, finesse et classe. J’adore cette gratte. Enfin on ouvre la boîte à graoûh et on profite à plein de ses superbes qualités d’attaque et de précision. On peut vraiment pousser loin ces P90, sans trop de bruit de fond, en obtenant des sons saturés qui s’éloignent des standards tout en étant convaincants à 100%.

Fabuleuse !

Alors oui cette Spiro est une réussite totale, une guitare inspirante, qui donne envie de jouer pendant des heures avec le sentiment que non seulement elle ne vous trahira pas mais qu’elle embellira encore votre propos.


Autres infos
  • Look
  • Confort de jeu
  • Résonance et sustain
  • Les P90
  • Etui Hiscox
  • J’ai pas les sous
  • Prix indicatif : 2 490 € avec étui
  • Distribution : Guitars Addicts

Portfolio

 

Mots-Clefs

Instruments
Guitare électrique
Type d’article
Avec vidéo Banc d’essai
Marques
Bunting Guitars
Numéro
GX72

 

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