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Cinq wahs signature

D 23 août 2007     H 23:02     A Judge Fredd    


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Le phénomène des endorsements s’est emballé ces dernières années dans tous les domaines : guitares, amplis, effets, accessoires, aucun secteur n’y échappe. A tel point qu’on finit par se demander quelle est la réelle valeur ajoutée par le musicien. S’est-il contenté d’apposer son nom sur un matériel existant pour toucher des royalties ou bien a-t-il vraiment apporté une touche personnelle, un plus qui justifie le surplus financier, parfois conséquent, qui nous est demandé ?

C’est ce que nous avons tenté de déterminer avec les cinq wahs signatures qui suivent, trois Dunlop, Slash, Zakk Wylde et Dimebag et deux Morley, Steve Vai Bad Horsie 2 et Mark Tremonti Power Wah.

Rappelons très brièvement le principe de l’effet wah afin que tout ce qui suit soit clair. La wah crée une bosse sur une fréquence un peu à la manière d’un EQ paramétrique sauf qu’on va déterminer la fréquence favorisée grâce au pédalier, donc de façon très rapide et fluctuante. Cela peut se faire de selon deux procédés : soit le pédalier actionne un potentiomètre à crémaillère, soit il est solidaire d’un cache passant devant une cellule optique. Pédalier relevé on a un son grave et sourd et au fur et à mesure qu’on l’enfonce, les fréquences favorisées devenant de plus en plus aiguës, le son devient de plus en plus aigu et criard. En l’actionnant d’arrière en avant et inversement on obtient le fameux waouwaw bien connu. L’étendue, la plage des fréquences affectées par l’action du pédalier s’appelle en anglais le range. Ce range est plus ou moins étendu et plus ou moins grave ou aigu. Sur certaines pédales comme la Dime, on peut changer de range grâce à un rotocontacteur d’où le vocable « multirange ».

Steve Vai Bad Horsie 2 Contour Wah

Steve Vai Bad Horsie 2 Contour Wah 215 €

Au départ, on a la wah Morley de base qui fonctionne par cellule optique. Là-dessus , la marque avait conçu, avec Steve Vai, la Bad Horsie, une wah sans switch : il suffit d’appuyer sur le pédalier pour que l’effet se mette en marche. Avantage, l’utilisation de l’effet est instantanée, inconvénient, il est impossible de laisser la wah sur une position fixe comme sur le fameux Money For Nothing de Dire Straits. La Bad Horsie 2, qui fait partie de notre groupe, gagne un effet contour wah : on peut régler le voicing de la wah, en gros sur quelle fréquence elle va intervenir et le niveau auquel elle va le faire. Sans le contour on a une Bad Horsie 1. Il se met en fonction grâce à un switch. On dispose ensuite de deux réglages : Contour qui va déplacer la plage de fréquence affectée (le range, remember ?) et Level pour rendre l’effet plus ou moins présent.

Même si on peut s’en servir sans problème sur son clair, c’est à mon sens sur les sons saturés que l’effet de la Bad Horsie 2 est le plus flatteur et le plus impressionnant. Une fois qu’on a mis le contour en fonction, on a du mal à revenir en arrière, celui-ci magnifiant l’affaire de belle manière. La Bad Horsie 2 est une wah pour ceux qui aiment le shred, les sons à la Steve Vai, à l’effet plus riche que la Bad Horsie 1, grâce à son contour d’une redoutable précision.

Mark Tremonti Power Wah

Mark Tremonti Power Wah 199 €

Sur sa wah de base, Morley a rajouté un boost pour créer la Power Wah. C’est sur elle que Mark Tremonti a jeté son dévolu. Comme sur la pédale précédente, la mise en marche de l’effet est automatique (avec LED témoin) et comme sur la Power Wah on a un boost auquel on aurait rajouté une petite louche de gain. La principale différence esthétique entre la PWO et la Tremonti vient d’un revêtement de pédalier en plastique noir imitant un marchepied de tracteur. On dispose ici d’un range étendu qui va de très sourd à très aigu, le boost rajoute de la puissance et un peu de saturation, c’est très agréable soit en son clair pour ajouter un peu de crunch selon l’attaque de la main droite, soit en son saturé pour faire ressortir ce qu’on fait. Sonnant moderne et metal, la Tremonti est flatteuse avec un boost vraiment efficace et musicalement intéressant, soulignant le phrasé quand il le faut, mais... car il y en a un, avant de l’acheter essayez donc la Power Wah de base pour voir... vous pourriez peut-être économiser quelques euros. Qui sait ?

Avant de continuer, il nous faut aborder une légende du monde des pédales wah-wah : les inducteurs Fasel, fabriqués en Italie, qu’on trouve dans certaines Vox originales. Ce composant amène le courant continu au premier transistor du circuit électronique de la Vox (on parle toujours des originales là hein et encore d’un certain nombre d’entre elles). De nombreux techniciens de par le monde ont pu vérifier que la légende était fondée, que les instruments de mesure étaient formels et que les Vox intégrant le fameux composant sonnaient d’une façon particulière, même s’ils se perdent ensuite en conjectures sur le pourquoi de la chose. Récemment Dunlop a remis à l’honneur le Fasel, ou du moins une re-création du composant original dans sa Wah Classic Fasel. Les trois Dunlop Signature qui suivent l’intègrent toutes. Autre point commun, toutes sont livrées avec une sorte de clef à sardines servant à durcir plus ou moins l’action du pédalier.

Cry Baby Signature Zakk Wylde

Cry Baby Signature Zakk Wylde 175 €

Un châssis metal brut plutôt sympa sans trop de « zakkwyldisation », sans bouton ni switches surnuméraires, la Zakk Wylde Signature surprend agréablement par sa sobriété. Du coup elle est super facile à prendre en mai... euh... en pied. L’effet wah délivré par cette pédales sonne fat et puissant. C’est une wah très traditionnelle, à la Vox/Dunlop, sonnant très authentique, mais optimisée pour les sons modernes et les saturations énormes avec un range assez étendu. Personnellement j’ai beaucoup apprécié cette Wylde qui, cerise sur le gâteau, coûte un poil moins cher que la Classic Fasel. Si vous aimez les wah d’obédience Vox et que vous jouez gros saturax, la Zakk Wylde devrait vous séduire.

Dimebag Signature Wah

Dimebag Signature Wah 249 €

La déco camouflage plutôt sympa recouvre une pédale assez lourde car pleine de petits plus :

  • elle est multirange. On sélectionne la hauteur de l’effet grâce à un rotocontacteur (comme sur la 535Q) à six positions, sis sur la droite de l’engin.

  • à gauche s’alignent trois trimpots : un pour le volume, l’autre pour jouer sur le centrage de l’éventail de fréquences et un fine-tune.

  • un petit champignon rouge trahit la présence d’un boost

Pour résumer : à droite on change l’éventail des fréquences et sur la gauche on l’élargit ou on le rétrécit, le fine-tune rajoutant des harmoniques et le boost de la patate. La Dime est pleine de possibilités, met beaucoup (trop ?) de réglages à notre disposition. C’est sans conteste la plus complète des wahs de ce tour d’horizon et elle pourra séduire au-delà du club des fans de feu Diamond Darrel.

Slash Signature Cry Baby Wah

Slash Signature Cry Baby Wah 260 €

Très jolie dans sa robe rouge, la Slash arbore fièrement la tête de pirate surmontée du chapeau haut de forme de Mister Gn’R. Le modèle testé portait en plus la signature manuscrite du maître sur la plaque inférieure ce qui en faisait une pédale doublement « signature » si l’on peut dire. La Slash est une deux-en-un : wah et wah+disto. La disto, non utilisable seule, aligne un switch de type champignon un gain et un level, hautement interactifs. Deux séries de deux LED témoins (à l’arrière et sur la gauche), rouge pour la disto et bleu pour la wah, vous renseignent à tout instant sur ce qui est enclenché.

Voici encore une pédale possédant beaucoup d’amplitude et un effet très authentique. La distorsion, très musicale et adaptée à la wah, apporte un plus indéniable. Seul problème pour bénéficier de tout ça il faut 18V donc un adaptateur secteur (non fourni) ou deux piles 9V (logées dans le pédalier).

Verdict

Les cinq wahs essayées ici sont toutes de bonnes, et même de très bonnes, pédales qui apporteront à votre jeu une palette sonore supplémentaire. Elles sont plutôt orientées gros sons, de divers types. La meilleure affaire semble être la Zakk Wylde peu chère en comparaison des autres et parfaite pour qui n’aime pas se prendre la tête avec trop de réglages. La Slash, malgré un petit bémol venant des 18V de l’alim, se montre extrêmement musicale et probablement la plus esthétique de ce tour d’horizon, cela a un prix malheureusement. La Bad Horsie 2 bien que marquée par la personnalité de son créateur saura servir d’autres maîtres en faisant preuve d’une certaine versatitlité tout comme la Dime pour laquelle il faudra quand même passer un peu de temps sur les réglages. La Tremonti, malgré des prestations de haute tenue, est sans doute celle dont la valeur ajoutée est la plus discutable au regard de la différence de prix qu’elle affiche par rapport à la PWO.

 

Mots-Clefs

Effets
Boost Distorsion Wah wah
Type d’article
Comparatif
Musiciens/Groupes
Dimebag Mark Tremonti Slash Steve Vai Zakk Wylde
Marques
Dunlop Morley
Numéro
GX22
Type d’effet
Pédale

 

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