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Randall T2

La troisième voie

D 20 juin 2008     H 19:54     A Judge Fredd    


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Randall n’est pas la première marque à prétendre avoir résolu la quadrature du cercle : un ampli transistors ou hybride qui sonnerait comme un ampli à lampes. Sauf que... son procédé maison, Valve Dynamic, a plutôt bonne presse outre-Atlantique, aussi fallait-il en avoir le coeur net.

Test du T2

Cet essai ne concerne que la tête T2, sans le footswitch MIDI, branchée pour l’occasion sur un baffle 4x12 Marshall. La T2 est une tête hybride avec une préamplification à lampes (3x12AX7) et une section puissance à transistors pilotée par une 12AT7. Massive, elle inspire confiance : stable, bien campée sur ses gros patins, dotée de cornières métalliques, recouverte d’un vynile noir de bonne facture, elle arbore une grille métallique au look calandre automobile du plus bel effet ainsi qu’un gros logo Randall. Un peu déséquilibrée car elle recèle un gros transfo sur le côté droit, elle rattrape bien le coup avec deux grosses poignées d’angle comme on a déjà pu en voir chez Genz Benz par exemple, qui permettent de porter l’ampli aisément, même tout seul, ce qui serait plutôt pénible avec la seule poignée du milieu.

Tête du T2

Comme Gus le souligne, le panneau avant est très simple : entrée instrument, trois switches, Chanel Select, Store et mise en/hors service de la boucle, Gain et Level du canal Clean, Gain et Level du canal Lead, égalisation trois bandes comprenant une égalisation paramétrique sur les médiums avec un Level (niveau des mids) et un Sweep (pointe la fréquence médium favorisée ou minorée). Suivent une réglage libellé Density agissant sur la tenue et la présence des basses et une Presence. Le logo T2 illuminé en vert et deux interrupteurs Power et Standby ferment la marche.
A l’arrière, embase secteur sur la gauche, MIDI In/Thru, deux sorties HP (300W sous 4 ohms, 280 W sous 8 ohms et pour l’anecdote 500W sous 2 ohms), une sortie Slave au format jack accompagnée d’un potentiomètre de niveau, une sortie enregistrement au format XLR censée rendre inutile tout recours à un quelconque micro et la boucle avec ses niveaux d’envoi et de retour, ainsi qu’un sélecteur série/parallèle, occupent le terrain.
Comme il n’y a pas de lampes de puissance, la chauffe est moindre, d’où l’arrière clos. Un gros radiateur ventilé assure le refroidissement de l’amplification à transistors et ce ne sont pas les quatre 12AX7 qui risquent de pousser leT2 à la surchauffe surtout avec la large grille avant susmentionnée.

Judgement Day

Le canal clair, assez raide, ne bénéficie pas d’une égalisation propre et comme il est très différent de l’autre canal, on a du mal à trouver une égalisation valable pour les deux canaux. Sa raideur implique qu’il vaut mieux avoir une guitare aux sons très veloutés pour obtenir qq chose de sympa. Le meilleur rendu en son clair est venu du P90 (côté manche) d’une Gibson BFG. Les simples fendériens plus claquants demandent de tels ajustements d’égalisation pour ne pas sonner trop agressif et trop sec que c’en devient incompatible avec le canal 2. En gros, on comprend vite pourquoi Gus ne se sert jamais du Clean.
Le deuxième canal fonctionne selon deux modes, Overdrive et Boost. Le premier de ces modes va de l’overdrive dans le premier quart de sa course à la franche saturation, atteinte dès la moitié de sa course. Des saturations assez prononcées et importantes sur lesquelles l’égalisation fait bien son boulot, les graves ramenant de bonnes basses jusqu’au trois quarts de leur course, ensuite tout dépendra des mids. Ceux-là, on peut vraiment les sculpter comme on veut, creusés, présents, poussés, canards etc. C’est un vrai plaisir car on peut vraiment tailler le gras du son de façon ciblée et trouver des couleurs variées. En mode Boost, on sature dès les débuts de la course du gain avec de très gros taux de saturation mais attention, plus on montera le gain moins on on pourra monter le volume parce que ça finit par saturer vraiment très fort.

Alors ça le fait ?

C’est bien mieux qu’un rendu d’ampli à transistor standard mais ce n’est pas tout à fait celui d’un gros stack à lampes. Quand on pousse, ça part en larsen tranquillement comme un ampli à lampes mais les basses manquent un peu du côté chaleureux, joufflu et rebondissant des tubes qui savent allier pêche et rondeur des basses même quand on pousse bien fort. De même, les aigus sont plus agressifs, moins souples que sur un ampli à lampes. Alors, mieux ? Moins bien ? Disons que le T2 sonne différemment d’un ampli à lampes, bien mieux qu’une tête à transistors standard et qu’il n’aura aucun mal à être présent dans le mix, contrairement à certains amplis à modélisation.
Le T2 est un bon ampli (Gus ne jouerait dessus sinon), puissant, à la maintenance plus facile et moins onéreuse que celle d’un ampli tout lampe. S’il ne détrônera pas les cadors de la catégorie, le T2 propose un choix alternatif crédible.

http://www.judge-fredd.fr/media/son...

Interview de Gus G.

Recette du T2 à la grecque

La tournée de Firewind faisant halte à l’Elysée Montmartre à Paris, c’était l’occasion ou jamais d’aller discuter amplis avec lui pendant la balance.

Tu fais les présentations ?

Je tourne avec deux têtes T2 une regular que je garde en spare et l’autre, que j’utilise tout le temps, version quasi-définitive de ma tête signature qui devrait s’appeller Heaven and Hell T2 et devrait être lancée lors du NAMM 2009. A la base, c’est le même ampli avec pas mal de changements cosmétiques : le canal clair a été rebaptisé Heaven et le saturé Hell, on a mis un logo doré, on a changé les boutons des potentiomètres et comme tu peux le voir, ils vont tous jusqu’à 11 !

Gus et ses amplis

Comme dans Spinal Tap ?

Exactement : « Thanks God to eleven » (avec l’accent anglais). On a rajouté le logo de Firewind sur la gauche et le T, qui est d’habitude vert, sera violet sur la version définitive (il était bleu sur la tête proto).

A l’intérieur pas de changements ?

Si, au niveau de l’égalisation essentiellement. Les gars de Randall ont étudié mes réglages et devraient modifier l’égalisation (probablement quant au centrage des fréquences et à leur niveau de boost NDR) pour la rapprocher de mes réglages et la rendre plus efficace. Par exemple, ils ont noté que j’utilise beaucoup de presence et de graves et que mon son est aussi riche en mids donc il vont optimiser ces réglages, pour qu’on en ait plus.

Que penses-tu de l’argument selon lequel la T2 sonne comme un ampli à lampe ?

C’est ce qui m’a le plus surpris sur cet ampli. Je n’ai jamais aimé les amplis à transistors, je suis un « tube guy » convaincu. Mais quand je l’ai essayé, j’ai vraiment trouvé qu’il sonnait très très proche d’un ampli à lampes et l’avantage, comme il est à moitié à transistors, c’est qu’il est très fiable. Cet ampli a passé 12 mois sur la route et il a traversé pas mal de m... Les premiers temps, il tournait même sans protection car le flight-case n’avait pas été livré et on n’a jamais eu aucun problème.

Comment es-tu venu à jouer sur Randall ?

En fait, j’avais déjà joué sur Randall en 1992 : je jouais à l’époque dans un groupe nommé Dream Evil. Mais ils m’avaient passé un ampli à transistors que je n’aimais pas. Pendant un temps j’ai joué sur un peu de tout, Marshall, Peavey, ce qu’il y avait sur place... Puis j’ai adopté les Krank qui sont de très bons amplis. Pendant le NAMM 2007, un gars d’ESP m’a emmené sur le stand Randall et m’a conseillé d’essayer leurs nouveaux amplis. J’ai eu beau lui dire que Randall sonnait trop « transistors » pour moi, il a insisté en me vantant la technologie Valve Dynamics. J’ai donc essayé le V2 et le T2. J’ai trouvé le V2 trop riche, trop de boutons, j’aime les choses simples. J’ai donc tout de suite été attiré par le T2 qui est simple et clair. J’en ai pris un en tournée et j’ai vu qu’il sonnait aussi bien tous les soirs, quelle que soit la salle, qu’il était très fiable et donc...

Tu utilises le baffle standard ?

Oui, oui, le 4x12 avec les Vintage 30.

J’ai vu qu’on reprenait ton ampli de façon traditionnelle avec un micro devant le baffle, tu n’utilises pas la sortie compensée du baffle ?

Non, comme j’ai dit : simplicité et traditions.

Quels micros as-tu sur ton modèle signature ESP ?

Des Seymour Duncan Distortion côté chevalet et Jazz Humbucker vers le manche. J’aime les Seymour parce qu’ils n’ont pas un niveau de sortie trop élevé, donc on entend le bois, ils produisent de belles harmoniques et sont très bien équilibrés.

Les effets ?

Simplicité encore : wah-wah, overdrive, accordeur et de temps en temps un peu de delay dans la boucle, c’est tout. De toute façon pendant le show je ne joue qu’avec un son, je suis en permanence sur le canal Hell. Si je dois jouer clean je préfère baisser mon volume sur la guitare que de switcher au pied.

Qu’est-ce que ça fait quand on grec, qu’on vient de Thessalonique (2e ville de Grèce NDR), d’avoir non seulement du succès mais également de grosses marques (Randall, ESP) qui vous soutiennent ?

C’est au -delà de mes rêves je n’aurais jamais imaginé ça il y a quelques années. Si on me l’avait dit , j’aurais rigolé, aucune chance que ça arrive... Etre traité comme ces grands artistes que sont Metallica et les autres, c’est incroyable. J’apprécie aussi le fait que ces marques se préoccupent de trouver de jeunes musiciens comme moi qu’ils suivent, qu’ils accompagnent. C’est comme rejoindre une famille et ça apporte beaucoup.

Comment se porte le hard (au sens large) en Grèce ?

Nous avons une grosse scène hard en Grèce, très locale mais très bonne avec beaucoup de jeunes guitaristes grecs qui arrivent. Beaucoup de petits Gus (rires). Ils sont très bons. Notre clavier est aussi réalisateur de clips vidéo et il en voit beaucoup. Il y a beaucoup de talents en Grèce et je pense qu’à un moment ou un autre ça va s’ouvrir sur l’extérieur. Vous avez un peu le même problème en France... ça reste local, sauf Gojira je crois.

Pour finir tes guitaristes préférés ?

Là aussi je suis old school : Tommi Iommi, Michael Schenker, Uli Roth, Yngview Malmsteem, Gary Moore...

C’est marrant parce que toi tu serais plutôt adepte du jeu rapide...

Pas vraiment, j’aime jouer des parties mélodiques mais je veux aussi pouvoir jouer vite quand le morceau le demande, c’est la substance du jeu et c’est pour ça que j’ai beaucoup travaillé ma technique. Mais, les gens qui ne font que du shred c’est ennuyeux. Je veux me situer entre les deux, une sorte de crossover. Le parfait exemple c’est Dimebag Darrel : excellent en rythmique, en chorus, il savait jouer bluesy et il était shredder quand il le fallait.

Gus.G et le Judge

Les réglages de Gus sur sa T2 (sur 11 à chaque fois)

Heaven (mais il ne s’en sert pas...)
Gain : 7
Level : 9

Hell
Gain : 7
Level : 4 ou 4,5
Bass : 9
Mid-Range Level : 4
Mid-Range Sweep : 6,5
Treble 8,5
Density : 8
Presence : 9,5

randall T2

Autres infos
  • Qualité de fabrication
  • Canal overdrive
  • Paramétrique sur les mids
  • Puissance
  • Poignées d’angle
  • Canal clair plutôt raide
  • Egalisation partagée par deux canaux très (trop ?) différents
  • Prix indicatif :1 349 €
  • Distribution : Arbiter

Portfolio

 

Mots-Clefs

Amplis/Préamplis
Hybride Stack
Type d’article
Banc d’essai Interview
Musiciens/Groupes
Gus G.
Marques
Randall
Numéro
GX27

 

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