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Hughes Kettner Duotone

À plein tube !

D septembre 2000     H 23:40     A Judge Fredd    


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Hughes a Kettner a décidé d’occuper tous les créneaux du monde de l’amplification guitare haut de gamme avec notamment le projet Zentera (maintenant très avancé) d’amplification numérique à modélisation et la Custom Tube Series dont fait partie le Duotone qui nous occupe aujourd’hui.

Comme le nom l’indique, le but est de produire en série des amplis à lampes capables de rivaliser avec les amplis customisés qu’affectionnent de plus en plus les guitaristes, qu’ils soient américains, français ou... allemands. Pour l’instant, la série comprend quatre modèles. Le Puretone, un 25 watts (avec deux EL34 tout de même...) très sixties avec deux lampes de préamp et un Rectifier, est décliné en en combo ou en stack. Plus seventies, plus Marshall en fait, le Duotone se décline lui aussi en deux versions avec une différence de puissance, 50 watts en combo et 100 watts en stack, autant dire que ce sont deux amplis différents. Plus tard viendront s’ajouter un modèle destiné aux thrashers façon Rectifier et une version optimisée du Triamp. Le cahier des charges des Custom Tube Series ayant placé la barre très haut, voyons ce qu’il en est avec le Duotone version stack.

Duotone

D’abord, c’est un très très bel ampli avec des panneaux d’ébénisterie de deux centimètres d’épaisseur recouverts d’un vinyle épais et souple, proche du cuir au toucher, un évent métallique chromé audessus des lampes, une poignée très originale façon gros ressort chromé offrant un confort exemplaire, des patins hyper stables, bref la classe. À l’avant, c’est Noël dès qu’on met sous tension toute la façade est constituée d’un panneau électroluminescent dont toutes les indications (noms des réglages, logo, etc.) se mettent à luire comme des néons ce qui, au delà de l’aspect esthétique, permet de lire et de manipuler ses réglages même dans l’obscurité la plus complète, bien vu pour la scène donc. Ayant une vue complète de l’intérieur, on distingue un fort beau châssis entièrement chromé sur lequel s’alignent cinq ECC83/ 12AX7 et quatre EL34, toutes des Ruby, ainsi que trois transfos, un petit et deux énormes. Les EL34 se reflètent dans un panneau miroir situé au fond de la tête, c’est la forge de Vulcain là dedans. Terminons avec les potards chromés, très doux à l’usage, les interrupteurs à l’ancienne, bien gros, et le témoin de mise sous tension façon rubis. La tête dégage donc tout à la fois une impression de simplicité, voire de pureté, de puissance et de sérieux. C’est beau, sans fioritures excessives, et rien qu’à l’oeil ça promet d’être efficace. Le canal clair comporte un volume et une égalisation trois bandes. Suivent deux inters, le premier pour basculer d’un canal à l’autre et le deuxième pour enclencher le boost du canal overdrive. Ce dernier possède, lui, un gain, un master et une égalisation trois bandes. Vient ensuite la section Master dont les réglages jouent sur la section puissance de l’ampli avec deux master volume, la présence et le volume de la boucle d’effets. À l’arrière, on a plusieurs sorties HP permettant de raccorder à peu près n’importe quel baffle au Duotone I x4 ohms, 2x8 ohms, I x8 ohms ou lx 16 ohms. Viennent ensuite une prise footswitch (fourni) qui permet de basculer d’un canal sur l’autre, de mettre en/hors service le boost et de passer d’un master volume à l’autre, le départ et le retour de la boucle d’effets avec un niveau de départ réglable par un switch à deux positions. Le baffle bénéficie des mêmes spécifications même ébénisterie, même revêtement, grille avant métallique, et quatre 12 pouces Greenback Celestion, il fallait au moins ça pour tenir tête... à la tête.

Le Duotone tonne et les tubes tuent

En son clair, on constate tout d’abord que l’ampli est extrêmement puissant : le son est souverain, les attaques claires et pétantes, l’ampli possède une grosse compression naturelle, bref c’est du beau, du vrai ampli à lampes qui tue. Même si le grain est différent, il est clair que le Duotone se range plutôt du côté d’un Soldano SLO 100 ou d’un Marshall customisé VHM que dans la catégorie JCM900 qui se trouve largement surclassée (au niveau du prix aussi me direz vous...). L’égalisation du canal clair s’avère très efficace avec des graves bien ronds, bien gros et bien présents que l’on peut pousser sans qu’ils se mettent à genoux, les mids profitent d’un étalonnage parfait, quant aux aigus, inutile de dépasser la moitié de la course du potard, tant il y en a et des beaux, d’autant que la présence peut encore en ramener pas mal. Le canal clair a son propre volume mais passe ensuite par l’un ou l’autre des deux masters, donc : un, il bénéficie lui aussi de la possibilité de changer instantanément de niveau et, deux, le son crunche très naturellement dès qu’on monte le volume au delà de 4 ou 5. Le seul petit reproche que l’on peut faire à ce canal clair vient de son côté parfois un peu raide, mais n’oublions pas que l’ampli est neuf, les lampes également et que cela devrait s’atténuer par la suite. Sur le canal overdrive (sans boost), on peut à peu près tout faire, d’un son crunch avec le gain à 2 jusqu’à un son beaucoup plus saturé au fur et à mesure qu’on va pousser le gain. Les rapports entre les différents volumes s’avèrent très riches puisque, ne l’oublions pas, nous avons trois volumes en cascade (gain, master du canal et master général) et que le dernier des trois peut varier. On peut donc avec les mêmes réglages sur le canal aboutir à des résultats relativement différents. Cela peut servir pour chorusser bien évidemment, mais aussi pour marquer une différence plus nette entre couplet et refrain ou calmer le jeu sur un pont, les applications sont multiples. La présence est à positionner entre un tiers et les trois quarts parce qu’après on a trop d’aigus et avant, ils ne brillent pas assez. Passons aux gros sons thrash. On peut les obtenir soit avec le boost, dans ce cas on joue avec un son moyennement saturé et enclenchant le boost au pied on passe à un gros son qui thrashe, soit en poussant naturellement l’ampli dans ses retranchements (qu’on n’atteint jamais en fait parce que nos oreilles demandent grâce avant). Le boost permet d’obtenir les mêmes résultats à volume raisonnable et comme il est très musical, son action est parfaite. Le nombre de niveaux possibles est absolument hallucinant : clair/master I, clair/master 2, overdrive/master I, overdrive/master 2, overdrive boosté/master I et overdrive boosté/master 2 (vous aviez dit deux canaux ?). Et tout cela avant même de toucher aux réglages proprement dits.

Alors bien sûr, la qualité a un prix, on peut aussi se demander si on a besoin d’une telle débauche de puissance (essayez la version combo dans ce cas), il n’empêche : Hughes & Kettner a bien bossé, tenant compte des critiques qui lui furent adressées par le passé (usine à gaz, manque d’authenticité, etc.), et au bout du compte produit un des meilleurs amplis à lampes du moment. C’est tout !


Autres infos
  • Belle fabrication
  • Matériaux et composants triés sur le volet.
  • Choix esthétiques originaux.
  • Puissance et sonorités
  • Un vrai ampli à lampes !
  • Pas à la portée de toutes les bourses.
  • Prix indicatif :
    • Tête . 14 490 F TTC env.
    • Baffle 7490 F TTC env.
  • Distribution : Camac

 

Mots-Clefs

Amplis/Préamplis
100 W Lampes Stack
Type d’article
Banc d’essai
Marques
Hughes & Kettner
Numéro
G&C 221

 

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