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Damico Starship

Une guitare très spatiale

D juillet 2000     H 00:34     A Judge Fredd    


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Ami lecteur, je te fais grâce du couplet sur les luthiers français qui sont « aussi plus meilleurs » que les autres voire mieux etc. et pourtant, quand je vois et que je joue cette Starship j’ai bien envie de te le resservir tant elle le mérite.

Alors j’ouvre la housse et je me dis : « Ils se sont trompés au journal ou quoi ? » C’est que le corps, en sycomore, assez petit, adopte une esthétique qu’on a plus l’habitude de rencontrer dans le monde de la basse. La corne supérieure est allongée de manière à procurer un bon équilibre à l’ensemble en position debout, vu la taille réduite du corps. Puis je scrute la bête et découvre un ensemble extrêmement bien travaillé, chanfreins et courbes se succèdent harmonieusement et concourent tant au plaisir de l’oeil qu’au confort du musicien. Le toucher n’est pas en reste et toute la lutherie se montre douce, lisse et agréable sous la main. N’ayez de souci ni pour votre petit ventre arrondi par la bière, ni pour votre main gauche qui accédera aux aigus sans coup férir.

C’est clair, la finition est un des plus de cette guitare. La Starship bénéficie d’ailleurs d’une toute nouvelle gamme de vernis customs, tendance 2000 s’il vous plaît, qui mélange pigments, poudre de métal et teintes. Sur le modèle testé c’est l’association d’un vernis satiné gris tacheté de noir et de poudre d’aluminium qui donne cet aspect très réussi de galet poli par l’océan. D’autres coloris associés à d’autres métaux sont dispos comme rouge et or, vert et argent etc.).

A l’arrière on trouve une énorme plaque en aluminium brossé protégeant la cavité électronique, sur laquelle sont gravés le nom du modèle (Starship) et le numéro de série de la guitare. Toujours sur la plaque est fixée une coquille de jack de type Stratocaster. La prise jack se trouve donc au dos de la guitare et c’est pour ma part le seul point qui me chiffonne un peu même si c’est la mode en ce moment. Le manche vissé en quatre points est constitué de trois pièces de bois en fibres inversées, érable ondé au milieu et moucheté sur les bords. Ce type d’assemblage, utilisé par Hamer notamment, garantit une excellente stabilité du manche dans le temps. Entouré d’un filet ébène, il se montre présent dans la main tout en la laissant libre de ses mouvements ; recouvert du même vernis que le corps, il glisse bien, est doux au toucher. La touche, vingt-trois cases avec repères en nacre cerclés d’aluminium est aussi en ébène. La crosse reçoit un placage rappelant le corps et un cache trussrod en érable ondé. Ses six mécaniques Spertzel à blocage sont montées affleurantes, ce qui est, d’une part esthétique, et, d’autre part, une nouvelle preuve de savoir-faire. Le vibrato Wilkinson par Gotoh couplé à un sillet en graphite, fonctionne bien dans le cadre d’une utilisation traditionnelle. Notons encore les boutons de potard en métal avec finition custom et les Straplocks livrés en standard qui parfont encore l’impression de luxe et volupté que produit cette Starship.

Damico Starship

Une guitare de bon son

L’électronique se compose de trois doubles Joe Barden au format simple routés par un volume push-pull qui splitte le micro milieu et le micro grave ce qui permet d’obtenir deux configs : trois doubles ou un double/deux simples, une tonalité et un sélecteur cinq positions. Volume et tonalité agissent progressivement, la tonalité restant musicale tout au long de sa course. On a même parfois l’impression de jouer grâce à elle sur le taux de saturation, sur les sons crunchs notamment.

En son clair la config trois doubles offre des sons très puissants avec des positions intermédiaires admirables de finesse qui, à elle seules justifient la présence du micro milieu, un poil agressif tout seul. Avec le grave il est nécessaire de maintenir une bonne balance attaque/chaleur, quant au micro aigu, il rappelle certaines Tele avec un poil plus de rondeur. On n’est déjà pas loin de la Strato, mais on s’en rapproche encore plus en tirant sur le push/pull, c’est assez saisissant. La guitare sonne alors plus fin tout en maintenant une puissance considérable. Les sons crunchs passent aussi bien pullé que pushé avec dans un cas, une tendance plus Stones/Mellencamp et, dans l’autre, un côté Webb Wilder/AC/DC. On perçoit les limites de l’instrument aux portes de la grosse saturation et on ne la conseillera pas aux thrashers. En revanche pour tout ce qui va de la country au hard-rock en passant par la fusion, le jazz, le jazz rock et le blues, on peut plonger sans réticence.

Une lutherie extrêmement soignée dans laquelle Grégoire Damico a mis tout son savoir-faire (qui est grand) au service d’une guitare tout à la fois très musicale, extrêmement confortable et porteuse d’un vrai concept auquel chaque détail, chaque choix de matériau participe. RESPECT.


Autres infos
  • Lutherie imposant le respect.
  • Vernis custom à tomber.
  • Versatile.
  • Confortable à jouer.
  • Housse de qualité fournie.
  • La taille réduite du corps pourra déplaire à certains... mais en arrangera d’autres, donc...
  • Prix indicatif : 19 000 F TTC env.
  • Distribution : Damico Luthier Guitares et Basses

 

Mots-Clefs

Instruments
Guitare électrique Luthier
Type d’article
Banc d’essai
Marques
Damico Luthier
Numéro
G&C 220

 

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